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Yellowstone Louve Alpha


Nombre de messages: 3641 Age: 21 Localisation: Territoire des Lycans Famille:  Date d'inscription: 21/04/2005
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mer 20 Déc 2006, 09:45 | |
| Débat
Retour du loup : les éleveurs ont surtout besoin de soutien moralInterviews de : Yves Pillet, président du Parc naturel régional du Vercors, président du « groupe Loup » de la Fédération des Parcs naturels régionaux. Eric Marboutin, chef de projet Loup et Lynx à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour le compte du Ministère de l’Ecologie et du Développement durable. Frank Dièny, éleveur ovin, président de la Fédération régionale ovine du Sud-Est Cliquez ici(source : loup.org) |
|  | | Yellowstone Louve Alpha


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Dim 31 Déc 2006, 13:43 | |
| L'écovolontariat c'est le meilleur moyen pour lier le milieu professionnel au milieu associatif de protection du loup. Quels arguments un écovolontaire peut-il énoncer au berger qu'il aide? Quels seraient les buts de l'écovolontaire de travailler bénévolement à cette situation? |
|  | | Lysisca Louve Shamanka


Nombre de messages: 4321 Age: 25 Localisation: auprès de mon Troll Famille:  Date d'inscription: 21/04/2005
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 05 Jan 2007, 09:36 | |
| L'argument clé, c'est que l'aide bénévole ne coute pas un sou à l'éleveur et que son troupeau est surveillé malgré tout et défendu contre l'attaque des loups. Evidemment à long terme, l'idéal serait qu'on sorte de cette situation artificielle et que les éleveurs se décident à investir dans des vrais berger professionnels comme autrefois, histoire que leurs troupeaux soient protégés en toute saison. Mais les bergers, c'est des sous donc ça n'intéresse personne (surtout que les conditions de vie ne sont pas faciles pour le berger. Etre prêt à en payer un c'est bien. Enocre faut-il le trouver!) Je pense que l'écovolontaire, lui, fait ce travail essentiellement pour qu'on ne descende pas les loups. Quelques farfelus font peut-être ça pour vivre une expérience particulière mais je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup. _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts  L'esprit suit-il une trajectoire chaotique déterministe ? |
|  | | Lysisca Louve Shamanka


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 12 Jan 2007, 18:24 | |
| Retour du loup : les éleveurs ont surtout besoin de soutien moralLe loup recolonise les Alpes françaises depuis 1992, et il ne se contente pas de faune sauvage. Il attaque les brebis, rendant particulièrement pénible le travail des éleveurs. Il faut faire avec, car le prédateur bénéficie d’une protection quasi-absolue de la législation internationale. Les Parcs naturels régionaux accompagnent les éleveurs et participent à la recherche de mesures efficaces de protection des troupeaux. Le débat, encore vif et complexe, commence cependant à s’apaiser. Participent au débat : Yves Pillet, président du Parc naturel régional du Vercors, président du « groupe Loup » de la Fédération des Parcs naturels régionaux : "On ne pourra pas longtemps se contenter de multiplier les chiens et les protections, d'indemniser en permanence. A un moment, la présence du loup continuant de s'étendre, la situation va devenir critique." Eric Marboutin, chef de projet Loup et Lynx à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour le compte du Ministère de l’Ecologie et du Développement durable : "L'Etat français n'a pas le choix. Il n’est absolument pas en droit de s’engager dans une politique de régulation." Frank Dièny, éleveur ovin, président de la Fédération régionale ovine du Sud-Est: "Pour nous, éleveurs, l’arrivée du loup a représenté une révolution. C’est une vraie remise en cause de notre métier." Parcs : Peut-on dresser l’état de la situation, aujourd’hui, de la cohabitation entre le loup et le pastoralisme dans les Parcs ? Yves Pillet : Le problème se pose depuis plusieurs années. C’est allé croissant. Dans le Vercors, d’abord dans la réserve naturelle des Hauts-Plateaux, les attaques se sont multipliées et se sont étendues ensuite sur l’ensemble du territoire du Parc. Parcs : Depuis combien de temps ? Yves Pillet : Les attaques ont commencé en 1997. Elles ont beaucoup augmenté dans les années 2000 à 2002, puis elles ont diminué en 2003, grâce, peut-être, à toute une batterie de mesures mises en place, comme les chiens de protection, les patous, entre autres. Parcs : Est-ce que ce retour du loup a eu un impact sur l’activité pastorale? Le nombre de têtes élevées dans les alpages a-t-il diminué ou est-il stable ? Et s’il a diminué, est-ce à cause du loup ? Frank Dièny : Pour nous, éleveurs, l’arrivée du loup a représenté une révolution. C’est une vraie remise en cause de notre métier. On n’élève évidemment pas des brebis pour qu’elles soient tuées par le loup. C’est donc toujours très mal vécu par les éleveurs. Etre éleveur est un métier difficile parce que c’est un travail très prenant. Il faut être présent tous les jours, ne serait-ce que pour alimenter les animaux. Et le public ne sait pas toujours cela. Mais c’est aussi un métier qui a su évoluer, se moderniser. Nous sommes devenus pointus sur la gestion des prairies, sur la protection de certaines espèces, comme en témoigne l’engagement des éleveurs dans les MAE (mesures agri-environnementales). Et on peut vivre aujourd’hui du mouton en assurant l’entretien des espaces et en produisant des agneaux. Les prix ne sont pas mirobolants, mais nous en tirons un revenu, des jeunes s’installent et, dans les Alpes en tout cas, le nombre de troupeaux ne diminue pas. La présence du loup est une difficulté supplémentaire, mais ne faisons pas de misérabilisme à propos des bergers. Yves Pillet : Je crois tout de même que l’élevage ovin est en difficulté. Les éleveurs ne peuvent pas vivre seulement du marché. Ils sont considérablement aidés et c’est bien ainsi. Car pour les Parcs, c’est une condition sine qua non de la qualité des paysages, sur les pentes en particulier. Et les Parcs ont aussi pour mission de préserver la biodiversité. Bien entendu, les éleveurs et les Parcs n’ont pas demandé le retour du loup. C'est une espèce protégée, très bien. Ce pourrait être un atout touristique, mais on ne le voit jamais ! Le problème, d’ailleurs, n’est pas tellement la quantité de dégâts causés par le loup, que l’impact psychologique des attaques et de la menace qu’elle représente pour les éleveurs. C’est une angoisse permanente, et nous redoutons que le découragement ne s’installe dans les zones les plus difficiles, que l’élevage hors sol prenne le pas sur l’élevage extensif en pâturages. Eric Marboutin : Ce n’est probablement parfois pas facile pour un Parc naturel régional de concilier toutes ses obligations, comme par exemple une politique de l'environnement et sa vocation à développer l’économie, l’agriculture montagnarde en l’occurrence. Nous avons une cohérence à assurer entre les aspects réglementaires nationaux et européens et les orientations telles qu’elles sont souhaitées sur le terrain. Aujourd'hui la politique de gestion du dossier “loup”, essaie de concilier ce qui peut paraître difficilement conciliable : un encouragement au maintien des activités pastorales et des obligations de protection de l’espèce, avec utilisation des clauses restrictives de la directive Habitats qui dit que quand on ne peut pas faire autrement, et que le prédateur nuit gravement aux intérêts économiques, on peut prélever quelques animaux. Mais c’est une position médiane qui, par définition, ne peut satisfaire les attentes plus absolues des uns et des autres. Parcs : Frank Dièny, est-ce que l’indemnisation en cas d’attaque est suffisante ou est-ce qu’elle ne suffira jamais ? Frank Dièny : L’indemnisation correspond à la valeur d’achat de la brebis perdue. Reste néanmoins des pertes de productions qui ne sont pas totalement prises en charge. Le problème, c’est que le vécu des éleveurs face à ces attaques du loup ne se règle pas avec des indemnisations. Au-delà de la surcharge de travail, il y a cette angoisse d’être dans une zone à loups. C’est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes. C’est très très difficile à vivre. Je le vois dans mes contacts, l’éleveur non soumis à la prédation, qui ne connait pas cette difficulté, ne comprend pas la nature du problème. Il faut le vivre pour le connaître. Yves Pillet : Objectivement, aujourd’hui, la situation économique n’est pas critique, mais psychologiquement, en effet, elle n’est pas tenable. On ne pourra pas longtemps se contenter de multiplier les chiens et les protections, d’indemniser en permanence. A un moment, la présence du loup continuant de s’étendre, la situation va devenir critique. Eric Marboutin : Je crois, en effet, qu’il y a un vrai problème de perte de qualité de la vie professionnelle des éleveurs. Bien sûr, le loup est emblématique d’une nature diverse restaurée, mais comment « compenser » l’impact de sa présence dès lors qu’il s’agit de perte de qualité de vie des professionnels ? Le problème, défini sous cet angle, n’est peut-être pas résoluble par des voies financières uniquement. Il s’agit peut-être aussi d’aider à changer la perception des impacts induits par la présence du loup. Parcs : Mais alors comment un Parc naturel régional peut-il aider à assumer cette difficulté là ? Frank Dièny : Je ne poserais pas la question ainsi. Un éleveur dans un Parc naturel régional, c’est vrai, est entouré, accompagné. Mais, au moins au début, s’il accepte des protections, il accepte la présence du loup. C’est difficile à admettre. Il faut donc accompagner les éleveurs, évidemment, mais avec beaucoup de prudence. L’éleveur finit toujours par mettre des moyens de protection…ou il part. Le Parc naturel régional peut l’aider dans ce cheminement. Parcs : On a un peu l’impression, à vous écouter tous les trois, que le problème de la présence du loup ne pourra se résoudre qu’avec sa disparition. Est-ce que, oui ou non, il existe des techniques qui permettent aux éleveurs de vivre sereinement avec le loup ? Frank Dièny : Nous avons mis en place des moyens de protection qui nous ont demandé des efforts énormes, notamment en surcharge de travail. Plus de 80% du cheptel dans les zones à loup est protégé. Parcs : Sont-ils efficaces ? Frank Dièny : Leur efficacité est très relative, parce que les solutions sont toutes à double tranchant. On préconise un chien patou pour 100 brebis, c’est beaucoup, et cela poserait des problèmes à la faune sauvage, aux touristes qu’ils effraient. Les parcs de nuit posent des problèmes sanitaires évidents et n’empêchent pas toujours les attaques de loup. De plus, le loup s’adapte et il faut suivre les recherches d’innovations de très près, et surtout faire du cas par cas car chaque exploitation est différente. Parcs : Yves Pillet, vous êtes président de Parc et en tant qu’élu vous devez faire respecter la législation de protection de cette espèce. Que faites-vous, en même temps, pour aider les éleveurs à exercer leur métier dans les meilleures conditions possibles ? Yves Pillet : Nous facilitons d’abord la mise en place des moyens de protection qui ont déjà été évoqués, mais nous en recherchons aussi de nouveaux, peut-être moins lourds et plus efficaces. Nous n’avons sans doute pas fait le tour de toutes les solutions et c’est une des missions des Parcs naturels régionaux que de mener ces expérimentations. C’est la raison pour laquelle la Fédération des Parcs m’a confié la présidence d’un groupe qui réunit tous les Parcs concernés par le loup, cette recherche devant être aussi collective, avec l’aide du ministère, de l’ONCFS… Le loup est là, maintenant il faut apprendre à vivre avec, je suis d’accord. Mais un certain nombre d’éleveurs croient encore qu’il a été réintroduit volontairement, et il n’est pas si facile d’établir un dialogue constructif. Ce dialogue est d’ailleurs relativement récent et le Parc jouant le rôle de médiateur, il se prend des coups de chaque côté, c’est inévitable ! Frank Dièny : Ce n’est pas étonnant : quand le loup arrive dans une nouvelle zone, dans un premier temps, les éleveurs refusent tout moyen de protection, parce que pour eux, c’est un signe d’acceptation de sa présence. Syndicalement, nous nous devons d’accompagner les éleveurs touchés qui n’ont pas d’autre moyen que d’essayer de se protéger. Ceci dit, cette démarche sera intégrée par les éleveurs si nous continuons à dire, haut et fort, que la présence du loup n’est pas souhaitable ; ils font avec, parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, mais ils savent aussi que cela va à l’encontre du type de nature que l’on prône ici, une nature façonnée par l’homme, pas une nature sauvage. Parcs : Concrètement, Yves Pillet, quelles sont ces nouvelles solutions qui pourraient aider les éleveurs à vivre avec le loup ? Yves Pillet : Nous essayons en ce moment des parcs électriques qui déclenchent des lumières et qui éloignent les loups, mais cela gêne d’autres espèces sauvages. Nous expérimentons aussi des cabanes de berger secondaires. On installe des cabanes en bois sur les hauts plateaux, là où se trouvent de grands troupeaux, qui servent aux aides bergers. En réalité, nous sommes convaincus que le pastoralisme doit rester présent dans l’arc alpin et qu’il faut l’aider à vivre avec le loup. Mais il faut bien comprendre aussi que la protection absolue de cette espèce pose des problèmes de régulation. Parcs : Je ne comprends pas. Frank Dièny disait au début de la conversation que depuis le retour du loup, le nombre d’éleveurs ne baisse pas, qu’ils parviennent à vivre de leur activité, et vous dites maintenant que la protection absolue du loup pose problème ! Frank Dièny : Je n’ai pas dit que les éleveurs vivent convenablement ! D’abord, même sans loup, les aides sont indispensables au maintien de leur activité. Et surtout, je répète que le problème est avant tout psychologique. Il faut avoir vu des bêtes, quelquefois familières, déchiquetées par le prédateur, pour s’en rendre compte. Je ne veux pas noircir le tableau, mais il faut aider les éleveurs à tenir le coup, car je ne voudrais pas que dans les 5 ou 10 ans qui viennent, beaucoup de zones difficiles à protéger, soient abandonnées par l’élevage extensif, et que les prairies soient envahies par les broussailles. Parcs : Qu’est-ce qui vous manque, aujourd’hui, en termes d’aide et d’accompagnement pour mieux supporter la présence du loup ? Frank Dièny : Je ne sais pas ce qui manque ! Je trouve que la régulation est un peu compliquée. Il faudrait convaincre que, quand les attaques sont lourdes et se multiplient, il faut faire un vrai prélèvement. Les tirs d’effarouchement, je trouve cela un peu ridicule. Il est vrai qu’en matière de régulation, les dispositifs mis en place par le ministère de l’Écologie et du Développement durable, sont complexes. Ce qui me gêne, c’est que finalement, on va autoriser un loup à faire du prélèvement sur un troupeau trois fois, avant de lui dire “stop”. Le loup ne peut pas comprendre une telle attitude et l’intégrer. C’est dès qu’il arrive sur un territoire qu’il faudrait l’effaroucher et lui montrer que s’il s’attaque à un troupeau, il y a sanction. Parcs : Eric Marboutin êtes-vous d’accord ? Avez-vous l’impression que le ministère de l’Ecologie et du Développement durable fait ce qu’il faut pour pacifier les relations entre les éleveurs et le loup. Eric Marboutin : Je ne suis pas d’accord sur la critique telle qu’elle est formulée : l’Etat français n’a pas le choix, il n’est absolument pas en droit de s’engager dans une politique de régulation. Les textes internationaux stipulent clairement qu’on peut faire exception à la protection intégrale de l’espèce quand on ne peut pas faire autrement et qu’il y a dommage important aux activités économiques. Je ne dis pas que c’est bien ou que c’est mal, j’analyse simplement le cadre législatif européen actuel. Ce n’est absolument pas le cadre théorique d’une régulation, c’est celui d’une intervention ponctuelle possible là où cela devient indispensable. Et c’est ce que fait l’Etat. Il est parfaitement clair qu’il n’y a pas de cadre légal international pour mettre en oeuvre une politique de régulation du loup. Frank Dièny : Ce qui me paraît important, au final, c’est que les Parcs naturels régionaux ont un atout primordial : celui du tissu social qu’ils sont capables d’entretenir. Quand un éleveur vient d’être touché par une attaque de loup, il est en détresse et pour lui, pouvoir parler avec quelqu’un, dans ces moment-là, est essentiel. Dans le Parc du Queyras, des gardes tournent et assurent ce genre de travail sur le terrain. Ce qui, dans la situation actuelle, me paraît très important. Un groupe “loup” à la Fédération des Parcs Tous les Parcs naturels régionaux de l’Arc alpin, du Massif Central et des Pyrénées sont invités à participer au "groupe Loup" mis en place au sein de la Fédération des Parcs. Sa réunion inaugurale, en juin 2006, à laquelle participaient les Parcs du Vercors, du Queyras, du Massif des Bauges, du Haut-Jura, de Chartreuse, des Monts d’Ardèche et des Pyrénées Catalanes, a permis de faire le point de la situation en France, et de partager ce que chaque Parc a mis en oeuvre pour faciliter la cohabitation du prédateur et du pastoralisme. Deux exemples : le Parc du Queyras a mis en place un système de radio estive entre les bergers et les agents du Parc, avec héliportage de matériel, pose de clôture…, puis a créé une brigade pastorale de 3 agents. Celui des Monts d’Ardèche est dans une phase d’anticipation : pour l’instant, seuls les sangliers font des dégâts, mais si le loup arrivait, le danger serait grand car les troupeaux sont de petite taille, dans des milieux prairiaux très imbriqués avec la forêt. Le groupe a décidé prioritairement d’appuyer le rôle d’expérimentation des Parcs naturels régionaux et de communiquer autour de cette question. Source : Parcs n° 56, novembre 2006 _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts  L'esprit suit-il une trajectoire chaotique déterministe ? |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 02 Fév 2007, 17:20 | |
| Experiences internationales sur les chiens de protection Bulletin d’information sur les moyens de prévention (Carnivore Damage Prevention News) n° 9, décembre 2005, version française. Large Carnivore Initiative for Europe (LCIE) / Kora. Traduction française (gracieuse) pour Ferus par Emilie Clément (Traductrice Anglais, Espagnol, Français - Spécialisations : Environnement et montagne eclementdancer@yahoo.fr - 06 28 35 02 46) avec l’aimable autorisation des éditeurs. Sommaire : - Les chiens de protection sur troupeau ovin : de la transhumance à la sélection prézygotique - Qu’est ce qui ne fonctionne pas chez les chiens de protection roumains ? - Le chien Karakachan : poursuite d’une ancienne tradition bulgare - Chiens de protection et indemnisations des pertes attribuables aux grands prédateurs en Bulgarie - Chiens de protection et troupeaux dans les contreforts de l’Alberta au Canada - Utilisation des chiens de protection au Portugal - Bilan sur la réintroduction des chiens de protection en Catalogne - Institutionnalisation de la protection des troupeaux dans les petites exploitations des Alpes suisses - Expériences avec les bergers de la Maremme et des Abruzzes en Suisse (source : FERUS) |
|  | | Lysisca Louve Shamanka


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Sam 03 Fév 2007, 20:08 | |
| Et si on nous donnait l'engagement qu'aucun pâturage ne devra être abandonné à cause du loup ? Et si la forêt reprennait ses droits ?Dialogue virtuel entre Mathieu Erny et la buvette des alpagesMathieu Erny est berger dans les Alpes de haute Provence l'été et en Crau à d'autres saisons. Mathieu Erny (Ledroitdesbrebis) : Un des principaux arguments des militants pour le retour des grands prédateurs est que ces derniers ne sont de loin pas les seuls problèmes que rencontre le pastoralisme. Ce à quoi les paysans répondent que l'ours, le loup et le lynx ne sont que trois espèces parmi les centaines qui composent notre environnement. Mettre les bergers dans leur poche On ne peut nier la pertinence de ces deux arguments, et je crois effectivement que pour trouver des solutions il faudrait cesser d'être obnubilé par les grands prédateurs. De la part des écologistes, il serait bon d'arrêter de vouloir à tout prix «mettre les bergers dans leur poche. » Je me souviens d'une expérience très désagréable. J'avais accepté de figurer dans un film qui avait pour objectif de promouvoir les techniques de cohabitation, principalement celle liée au patou. Le réalisateur semblait au départ bien conciliant mais avait besoin de flatter à outrance le « berger moderne » que j'étais, et mon « ouverture d'esprit » qui signifiait bien sûr pour lui que j'acceptais le loup. Mais au fur et à mesure, il s'est mis à dénigrer les paysans et à afficher un tel mépris pour les brebis que j'ai eu honte et ai cessé la collaboration. J'ai repensé à ce souvenir lorsque plus tard j'ai lu sur loup.org un article intitulé : «Grande première entre bergers, éleveurs et protecteurs de la nature». En fait F.N.E et l' Association Cohabitation Pastorale (le site de l'ACP) avaient payé le voyage à des représentants d'associations de bergers et d'éleveurs pour qu'ils viennent signer un texte hyper consensuel dont le brouillon était certainement écrit avant les débats. Comme cela n'engageait pas beaucoup les signataires, la plus part se sont exécutés. Est ce afin de «diviser pour mieux régner» qu'on tient tant à ce que les bergers et éleveurs aient un avis sur le loup, l'ours ou le lynx ? Dans les Alpes, le berger qui s'est le plus investi dans la recherche sur la cohabitation m'a clairement dit qu'il n'avait jamais pris parti pour le loup. Baudouin de Menten (La buvette des alpages) : Il est bien évident que par la buvette, je ne cherche pas à pousser les bergers à prendre parti pour le loup, mais bien pour la cohabitation raisonnée avec les grands prédateurs (raisonnée parce que j’accepte les « prélèvements » sous certaines conditions). Qu’est ce qu’un bon berger ? L’ours et le loup ne sont pas dans la même case : l’ours disparaît, le loup conquiert de nouveaux territoires et se multiplie. Les loups font de gros dégâts, les ours causent des prédations beaucoup plus limitées, même si cela des reste des prédations non souhaitées et mal acceptées. Voilà pourquoi l’on rencontre des bergers qui respectent l’ours et acceptent de cohabiter avec lui. Cédric Tolley a obtenu un D.E.A. de Sociologie obtenu à l’Université de Provence et une Licence (Maîtrise) en Sociologie et Anthropologie (orientation Sociologie) à l'Université Libre de Bruxelles. Vous pouvez lire quelques analyses de Cédric Tolley à la buvette ainsi que de nombreux commentaires. A la question : Qu’est ce qu’un bon berger ? Cédric Tolley écrit : «Nous observons donc un phénomène dans le milieu pastoral (phénomène qui prend les allures d’un système de régulation sociale) qui veut que l’éleveur soit reconnu et estimé par ses pairs à condition que son troupeau soit beau, en bonne santé et éventuellement rentable. Celui qui a un beau troupeau, jouira d’une certaine notoriété auprès des collègues, il fera autorité et on parlera de lui comme d’un éleveur exemplaire. Il sera écouté à l’occasion des rencontres, lors des foires pastorales et dans le groupement d’éleveurs auquel il appartient. Au contraire, celui qui néglige son troupeau, même s’il est reconnu comme membre de la pastrille (Vieux terme provençal pour désigner la communauté des bergers.), n’aura pas souvent voix au chapitre et, parfois, tout en lui trouvant des excuses, les collègues médiront de lui et de sa famille. » (Cédric Tolley dans : «Travail et rapports sociaux chez les bergers transhumants » Université Libre de Bruxelles, Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Economiques - Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade de licencié en Sociologie orientation : Sociologie du Travail et Sociologie Politique.) Est-ce qu’un berger qui refuse d’utiliser une combinaison de méthodes pour protéger son troupeau sous prétexte que posséder des patous, un parc de nuit et garder son troupeau, c’est «accepter» le prédateur (l’ours, le lynx ou le loup, peu importe) ou c’est «changer les méthodes de travail» est un bon berger ? Dans une entreprise on dirait «gérer en bon père de famille». Pour moi, un bon berger doit gérer son troupeau, et donc sa protection, en bon père de famille. Mathieu Erny : De fait, pour faire du bon travail, on n'a pas besoin de cette polémique. Au contraire, elle gène. Pour un éleveur ou un berger il faut que le pastoralisme reste une activité vivable intéressante et respectée. Cela n'est donc lié au loup que si on laisse sa présence mettre en péril ce à quoi nous tenons. Les écologistes multiplient les déclarations de bonnes intentions envers le pastoralisme, mais qu'est ce que cela signifie ? Nous n'en savons rien ! Baudouin de Menten : Les bergers et le pastoralisme possèdent un «facteur de séduction» énorme, un «capital sympathie» qu’ils gèrent très mal. Il n'y a qu'à voir les livres qui sortent, le monde qui accourt aux fêtes des transhumances. Tous les «bobos parisiens» et les «écolos de salons» ; c'est à dire pour certains tout ceux qui ne sont pas berger, et cela fait du monde, rêvent de passer une nuit «en estives» dans une cabane au confort précaire au milieu des brebis et des chiens, de visiter les bergeries au moment de l'agnelage, de vivre au grand air, d’avoir cette indépendance, ce rapport idilique (et théorique) avec la nature. Les poches sont trouées Les bergers sont naturellement «aimables», mais ils perdent cette sympathie en même temps qu'il perdent leur amabilité. Quand le berger n'est pas un bon professionnel : · exploitation de la nature, sans respect ni nuance · troupeaux abandonnés, soins aléatoires (on voit parfois des brebis dans un état .. Quand la qualité baisse : · les fromages de montagne sont fabriqués en plaine, · l'herbe est remplacée par de la farine industrielle, · les estives sont remplies de brebis taries, Quand les hommes se radicalisent : · Intimidation des "traitres" à la cause sur les marchés, · Violences envers les confrères pas assez radicaux et non engagement des bergers pas assez militant, · Manifestations violentes, slogans haineux, · radicalisations sous-régionalistes, rejet du reste du monde (parisiens, citadins, gens d'en bas, étrangers, fonctionnaires...) Alors le capital sympathie a disparu et domine l'image du montagnard bourru, du paysan violent et sectaire qui ravage Arbas après une longue mise en jambes et quelques chants bien sentis à la buvette du village. C'est là que les associations pastorales essaient de "redorer leur image", de "donner une nouvelle image du pastoralisme", de "gagner la bataille médiatique". Lisea à ce sujet : ADIP: fausse identité, ASPAP: faux patrimoine et Philippe Lacube et l'ASPAP, le nouveau visage du pastoralisme. _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts  L'esprit suit-il une trajectoire chaotique déterministe ? |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Sam 03 Fév 2007, 20:09 | |
| Par contre le bon berger qui gère en «bon père de famille» (pas celui dont les brebis sont belles) aura moins de pertes et il pourra aussi «mettre les écolos dans sa poche.» Mathieu Erny : Si vraiment l'Etat Français et l'Europe sont comme les associations écologistes absolument persuadés que la cohabitation est possible, alors il faut qu'ils s'engagent fermement à ce qu'aucun terrain ne cesse d'être pâturé, aucune exploitation ne s'arrête à cause du loup, du lynx ou de l'ours. Cette garantie serait un gage sérieux car cela impliquerait que si elle ne pouvait être tenue dans une zone, ce serait alors les prédateurs que l'on ferait disparaitre de cet endroit. Baudouin de Menten : Quand je vois dans certains coins des Pyrénées le surpâturage dans des montagnes pelées et chauves, je souhaite que certaines exploitations s’arrêtent et que la forêt regagne un peu de terrain, mais ce n’est pas le cas partout. Je suis 100% d’accord pour aider et défendre les bergers qui gèrent les territoires, protègent les troupeaux et «supportent» la présence de prédateurs. pour les excessifs : ceux pour qui les «bestes sauvages» ne sont acceptables qu’en statues de bois (et encore, ils les brûlent !), ceux qui ne contrôlent ni les feux pastoraux (ça débarasse), ni les soins réguliers (pas le temps), je n’ai pas de remords à les voir se recycler en homme d’affaires vendeurs de «produits du terroir» plus ou moins authentiques, en «guide de pays» ou en «néo-phylosophes» ruraux et aproximatifs. Quant «à la garantie qu'aucune exploitation ne s'arrête à cause des prédateurs, sinon ce serait alors les prédateurs que l'on ferait disparaitre», il faut le conjuguer au présent : « on » les fait disparaître : · « On » empoisonne les loups et les vautours indirectement. Lire "Des poisons sont utilisés pour faire disparaître les loups, 3 indices différents le confirment", et "Mercantour, le poison est de retour pour le loup". · « On » braconne les loups : lire "Autodéfense ou braconnage ?" et Un loup tué dans les Bauges ) · « On » « accidente » les ours (Claude, Mellba, Canelle, (Palouma ?) et Boutxy où est tu ? · La justice prononce des «non lieu», relaxe et donne sa bénédiction à tour de bras en cas «d’Etat de nécessité absolue» ou de «discrétion», histoire de calmer les ultra-pastoraux et les porteurs de flingues avant les prochaines élections. Même les «prélèvements» officiels ne respectent pas les conditions du plan loup et l’Etat cette année fait des expérimentations, de la gestion adaptative de la population de loup en France, il évalue les possibilités de prélèvement avec des formules scientifiques bien compliquées (Lire : Loups, évaluation des possibilités de prélèvements). Qu’avec des mots étudiés ces choses là sont dites à la place de dire "tuer desloups avec un fusil à lunette à visée nocturne sur un territoire quadrillé par des gardes de l'ONCFS et des lieutenats de louveterie", il est vrai moins politiquement correct. Mathieu Erny : Si on peut admettre qu'un éleveur qui refuserait de protéger son troupeau malgré des aides appropriées à son cas, en subisse les conséquences, on ne peut pas tolérer de ne plus pouvoir pâturer sur tel terrain embroussaillé et éloigné du fait que la protection contre le loup y est trop compliquée. On ne peut pas nier le bien fondé de la remarque des éleveurs qui disent que la pression du loup les gènes précisément dans la pratique extensive du métier, donc dans le domaine ou ils sont utiles à l'entretien des espaces naturels. Car il est facile de dire que les troupeaux sont trop grands pour être bien gardés. Mais il ne faut pas se leurrer, aujourd'hui seul un grand troupeau donne la garantie qu'il sera gardé à temps plein par un berger. Si on ne prend pas de mesures, la tendance pour se protéger du loup, sera justement de former d'avantage de gros troupeaux et d'abandonner les terrains qui ne se prêtent pas à la conduite de tels troupeaux. Baudouin de Menten : Pourquoi seul un grand troupeau serait-il bien gardé ? Quelles mesurent prendre pour améliorer la protection dans de pareils cas à part subventionner plus de patous et subventionner les associations qui favorisent l'usage, l'éducation et la généralisation des chiens de protection patou comme l’Association Cohabitation Pastorale que par ailleurs tu critiques, comme ce diable de censeur juge et partie qu’est le rapporteur président Bonrepaux ? Mathieu Erny : Les moyens et la logique nécessaires pour assumer cet engagement permettra peut-être enfin d'inverser le système qui réduit inexorablement le nombre des éleveurs et des bergers et qui est encore toujours de mise aujourd'hui quoi qu'on en dise. Cette garantie pourra également rassurer sur les intentions des écologistes qui utilisent de manière récurrente un argument qui me fait froid dans le dos. Celui ci consiste à systématiquement marginaliser les éleveurs ayant des problèmes avec le loup. C'est le cas par exemple lorsqu'on compare les dégâts de chiens errants sur tous les élevages ovins de France aux dégâts du loup qui ne concernent pour le moment qu'une minorité d'exploitations. Et dans les zones à loup on fait des études prouvant que la cohabitation est vivable dans une majorité de cas. Les autres sont immédiatement suspectes. Bref cela signifie que ceux qui sont dans la marge avec un cas spécial - et ils sont nombreux - ne comptent pas. C'est à l'opposé de la philosophie déclarée de ces mouvements écologistes notamment en ce qui concerne la diversité. Le fait de s'engager à ce que tous les terrains puissent continuer à être pâturés et qu'aucune exploitation ne doive s'arrêter à cause du loup devrait permettre également d'orienter les efforts dans un sens de préservation et de développement du savoir faire des bergers particulièrement lorsqu'il est lié à leur choix personnels où la passion de certains pâtres en font des artistes. En ce sens je suis étonné qu'on ne propose pas aux bergers plus de formations par rapport à l'environnement. Des pâtres formés en botanique par exemple, seraient autant d'observateurs privilégiés. Beaucoup de bergers sont demandeurs. Ne pas répondre à leur attente renforce chez eux le sentiment que l'on cherche à les déposséder de leur métier. A vrai dire je peux très bien comprendre que les naturalistes soient eux aussi jaloux de leur métier. Mais rajouter cette chamaillerie à toutes celles qui existent déjà est ce que ça ne fait pas un peu beaucoup? Car bien que certains nient l'argument de l'humanisme cher aux bergers, il me semble pourtant tout à fait évident que le pastoralisme ne perdurera que tant que des femmes et des hommes pourront vivre leur passion pour ce métier. Aussi faut-il prendre en compte ceux qui ont des techniques originales et intéressantes liées à leur cas particulier. J'ai trop souvent lu ou entendu des avis de gens qui trouvent normal d'imposer au monde entier la même technique de garde. Pour éviter cela il faut que se soient des bergers d'une expérience aussi grande que diversifiée qui fassent référence en la matière pour examiner les cas particuliers. Un engagement comme celui que je propose et qu'il me semblerait bien naturel de prendre a certainement un coût élevé mais beaucoup d'argent est déjà dépensé pour le retour des prédateurs et les efforts dans le sens de la préservation de l'environnement et de la biodiversité iront-on peut l'espérer-croissants. On se rendra alors vite compte que l'investissement en travail pour le pastoralisme n'est pas plus cher qu'un autre et qu'il s'avère payant. Car si l'on regarde ce que coûte le fait de restaurer des situations dégradées, on comprend combien on a intérêt à préserver le patrimoine pastoral qui reste. Maintenant est ce que les pouvoirs publics de France ou d'Europe ont réellement la volonté de préserver cette diversité? C'est exactement ce qui reste à prouver car on n'est toujours pas sorti d'une logique d'uniformisation et dans ce cas, le retour du prédateur sert une politique de nivellement par le bas. Ce serait alors les écologistes les premiers déçus par cette expérience malheureuse. Baudouin de Menten : La France compte environ 10 millions d'ovins pour quelques 112 000 cheptels, mais les chiffres sont à la baisse. L'essentiel est regroupé à l'Est d'une ligne reliant l'extrémité Ouest de la chaîne pyrénéenne au Nord du massif du Jura. Sont donc englobés toutes les Pyrénées, le Massif Central, les Alpes et le Jura. Dans les Pyrénées, la moyenne de la mortalité ovine est un peu en dessous de 10 % du cheptel. Presque une brebis sur 10! L’ours lui ponctionne chaque année 0,005% de ce cheptel. De quoi meurent les 0,9500 % autres, 19 fois plus ! En 2005 et en 2006, le loup est responsable de la perte de 3 200 brebis par an en moyenne, 0,032% du cheptel, 6 fois plus que l’ours. Le loup n'est évidemment pour rien dans la crise qui secoue la filière ovine. En effet, pendant que le loup occupe tous les esprits dans les médias, la majorité des français continue d'ignorer les réalités de l'activité agricole. Bouc et misère Il aura notamment fallu des manifestations « anti-loups » et « anti ours » pour que les pouvoirs publics se rendent compte que le secteur ovin était en pleine crise. Les prédateurs ont été économiquement les représentants syndicaux des bergers, des ambassadeurs, des déclencheurs de décisions politiques et d'aides au secteur du pastoralisme. Sans le retour du loup en France et le mouvement de sauvegarde de l’ours, le pastoralisme aurait continué à s’enfoncer dans la crise dans l’indifférence générale. Vous vous trompez de cible, aveuglés par les vrais responsables syndicaux qui eux hurlent avec les loups. Même en rayant les prédateurs de la carte, l’aide au pastoralisme est encore très insuffisante pour le faire sortir de la crise. L'élevage ovin subit depuis des années les conséquences de la mondialisation : les supermarchés sont remplis d’agneaux de Nouvelle-Zélande. Conséquence : une baisse du nombre de producteurs (-20% en 8 ans), une baisse de l'effectif des troupeaux (-1 million de brebis entre 1990 et 2000), une production concentrée dans les zones montagneuses ne couvrant plus que 40% des besoins nationaux en terme de consommation annuelle etc. On sait que l'élevage ovin offre le plus faible revenu de l'agriculture française (40% de moins que les autres secteurs, primes comprises). Des primes qui, par ailleurs, sont plus faibles que dans d'autres domaines d'activité. Paradoxalement, les aides viennent plus du ministère de l’écologie que du ministère de l’agriculture.., c’est bien le mouvement de protection des prédateurs qui finance le pastoralisme. Je suis d’accord pour une meilleure formation des bergers, pour des aides à la protection, pour que les bergers deviennent de vrais acteurs de la protection de la biodiversité, qu’ils fassent découvrir la montagne, sa faune et sa flore aux touristes, qu’ils acquièrent des revenus complémentaires mais alors que les éleveurs acceptent aussi l’entièreté de cette biodiversité, pas comme les associations de défense du patrimoine ou l'IPHB qui pratiquent une défense sélective limitée au pastoralisme. Dans l'agriculture, par tradition, tout ce qui gêne, il faut s’en débarrasser : nuisibles ou mauvaises herbes (Lire Michel Chansiaux : Ours ou pas ours, le paysan est anti nature). Des solutions cache-misère sont proposées au détriment de l'animal et de notre dignité humaine. Changez de cibles, corrigez les facteurs économiques qui nuisent au pastoralise, produisez de la qualité, mettez les touristes dans votre poche en prenant en compte la lame de fond de l’écologie qui gagne tous les partis et la terre. Le changement climatique est un énorme bras de levier qui va créer, pour tous, et très vite, beaucoup plus vite que prévu, une prise de conscience générale que la terre est à protéger (l’entièreté de la biodiversité : l'homme étant l'espèce qui met toutes les espèces, y compris la sienne, en péril). Les bergers renâclent à changer leurs habitudes pastorales avec le retour du loup alors que nous allons tous devoir changez nos habitudes et en profondeur. La peur du changement est un frein énorme qui pousse les bergers pyrénéens à refuser la protection du troupeau (Ils sont même parvenus à inclure dans le texte de l'AOC Barèges-Gavarnie l’obligation de NE PAS protéger les troupeaux). Le loup est de retour dans les Pyrénées. Avec un tel aveuglement, le carnage va commencer et la crise du pastoralisme n’est pas prête de se terminer. Pour ma part, je ne suis pas dans la poche des bergers, je suis tombé par le trou. J’achète chez des producteurs sélectionnés, chez les bergers qui gèrent leurs troupeaux en bon père de famille et acceptent ou supportent la cohabitation, chez les bergers qui ont compris où est lleur avenir et leurs intérêts. Les manifestations, les violences ne rendront pas les éleveurs populaires. Ils veulent gagner la bataille de l'opinion publique, ils sont en campagne électorale permanente mais n’écoutent pas leurs électeurs. Ils vont droit dans le mûr et alors la forêt reprendra ses droits. Les skieurs ont besoin des bergers pour entretenir les pistes, mais que vont devenir les stations sans neige?. La fôret reprendra peut-être et par endroit ses droits, si on lui en laisse le temps, si elle n'est pas exploitée à fond sur l'hôtel de la rentabilité et de la croissance, comme le reste. Bien sûr que le pastoralisme DOIT survivre avec le reste, pas au détriment du reste. J'espère que les bergers vont oeuvrer progressivement dans ce sens. Auteurs : Erny Mathieu et Baudouin de Menten Mathieu Erny est webmaster du site « Le droit des brebis » et berger dans les Alpes de haute Provence l'été et en Crau à d'autres saisons. Baudouin de Menten s'occupe de la Buvette des alpages, d'IPHB.org et est chef de projets dans une agence web. Source: la buvette des alpages _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts  L'esprit suit-il une trajectoire chaotique déterministe ? |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 16 Mar 2007, 15:49 | |
| Suisse : vers la cohabitation loup / troupeaux dans le canton de BerneLe canton de Berne se dote d’une stratégie pour la gestion du loup Le canton de Berne fait oeuvre de pionnier en Suisse en se dotant d’une stratégie pour la gestion du loup. Le nouveau plan cantonal veut favoriser la coexistence durable de l’homme et du grand canidé. Il faut réduire au minimum les conflits générés par la présence du loup, indique la Direction bernoise de l’économie dans un communiqué. L’accent sera mis sur la prévention et la protection des troupeaux, notamment des chèvres et des moutons. Les éleveurs, les chasseurs et les organisations de protection de l’environnement ont été associés à l’élaboration de la nouvelle stratégie. Ils se sont engagés à la soutenir et à collaborer de manière constructive à son application. Le retour du loup dans le canton de Berne est établi avec certitude depuis décembre 2006 dans l’Oberland. |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 07 Sep 2007, 12:31 | |
| Cohabitation loup / élevage : FERUS soutient l’utilisation des patousSt Jean de Maurienne, 6 septembre 2007 : une nouvelle fois, un éleveur est convoqué au tribunal parce que son chien patou a importuné un promeneur. L’association FERUS œuvre pour la cohabitation élevage / grands carnivores. Elle soutient notamment l’utilisation des moyens de protection et considère donc la présence des patous comme indispensable. En alpage et en toute zone de pâturage, il est important que chacun respecte le travail des éleveurs et bergers ainsi que la quiétude des troupeaux.Pour écarter les grands prédateurs (loups dans les Alpes, ours dans les Pyrénées), les patous (chiens de protection) sont indispensables. Chaque usager de la nature doit adopter de bons comportements vis-à-vis des chiens de protection des troupeaux. Face à un phénomène inhabituel, ces « gros chiens blancs » donnent l’alerte et s’interposent entre le troupeau et tout intrus (animal sauvage, chien, randonneur...). Leur objectif est la dissuasion. Bien qu’impressionnants, ils ne sont généralement pas agressifs envers l’homme. Garder ses distances avec le troupeau (le contourner et ne pas le traverser, adopter un comportement calme et passif, tenir son propre chien en laisse, descendre de vélo ou de cheval, ), laisser le chien faire son travail d’inspection et d’identification, ne pas l’encourager par des caresses... Généralement, des panneaux signalent à l’avance la présence de ces chiens auprès des troupeaux. La montagne n’est pas aseptisée, c’est un grand espace plein de vie ouvert à tous. Elle le restera si chacun respecte les milieux naturels et leurs différents usagers, même si cela implique des efforts d’adaptation de part et d’autre. Ferus estime que cet incident n’aurait jamais du venir devant un tribunal, et apporte son soutien aux éleveurs qui mettent en oeuvre les moyens recommandés par tous ceux qui veulent maintenir à la fois l’élevage et la faune sauvage dans un même espace. |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mar 09 Oct 2007, 18:55 | |
| Procès patou : l’éleveur relaxé Le 4 octobre, un éleveur de Savoie a été relaxé par le tribunal de St Jean de Maurienne suite à la plainte contre son chien patou. La plaigante plaidait la divagation de chien dangereux . Le tribunal a précisé qu’il n’y a pas divagation lorsqu’un chien de travail se déplace d’un enclos à un autre. |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Jeu 11 Oct 2007, 19:17 | |
| Un manifeste contre ours, loup, lynx, vautour....Dans le cadre de la « Journée nationale des présidents de massifs » organisée par la Fnsea, un manifeste a été signé « pour le maintien de la biodiversité en zone d’élevage »… sans les loups, ni les ours. Dans ce manifeste, les président de la FNSEA, des JA, de l’APCA, de la FNO (ovins) et de la FNEC (caprins) exigent : l’arrêt de la réintroduction d’ours et son cantonnement dans des zones appropriées ; le retrait des loups dans les zones d’élevage et la régulation des populations de vautour et de lynx. Ils estiment, en effet, que l’installation durable des prédateurs est incompatible avec l’activité agricole et qu’elle menace la biodiversité des zones d’élevage. D’autant qu’à l’échelle européenne, loups, ours, lynx et vautours ne sont pas, selon eux, des espèces menacées de disparition. « Les contraintes liées à la présence des prédateurs viennent s’ajouter aux difficultés de revenus rencontrés dans l’élevage, dissuadant de ce fait l’installation des jeunes » estiment-ils. Ce qu’il en est : Avant l’arrivée des éleveurs, les prairies naturelles étaient créées par des avalanches, des incendies, et entretenues par des gros herbivores (aurochs, bisons) moyens (chevaux sauvages, cerfs) et petits. La moins mauvaise substitution est le mélange de bovins, de chevaux, de moutons et d’ongulés sauvages, cerfs, chevreuils et chamois/isards, le plus important étant la représentation des plus grandes espèces (vaches et chevaux). L’élevage bovin qui était très représenté dans les Alpes a beaucoup régressé au point que la majorité des alpages ne sont aujourd’hui pâturés que par les grands troupeaux ovins, en particulier dans les Alpes du sud. Et dans les Pyrénées, il n’y a plus que 150 000 vaches et 12 000 chevaux. Le pâturage par des grands troupeaux ovins seulement a des impacts écologiques majeurs. Les moutons ne bloquent pas la progression d’espèces végétales qu’ils ne consomment pas (fougères, rhododendrons, saules, airelles, genévriers par exemple). Ces plantes envahissent le terrain et favorisent la présence d’insectes qui leurs sont inféodés. A l’inverse le surpâturage des moutons finit par interdire la floraison, la reproduction et finalement la présence de nombreuses espèces végétales, entraînant à sa suite la disparition des insectes qui en dépendaient. Cette tendance s’accroît avec la montée précoce en alpage grâce aux camions, alors qu’autrefois la floraison de printemps intervenait avant l’arrivée des troupeaux. Les produits vétérinaires rejetés par les moutons détruisent les scarabées qui se nourrissent de leurs déjections, et les oiseaux qui mangent ces insectes. Une grande concentration de moutons a déjà provoqué des épidémies de kératoconjonctivite ou de brucellose, mortelles pour les isards et les bouquetins. Enfin les troupeaux laissés libres ne contournent plus les petites zones humides d’altitude, oasis d’une biodiversité rare et concentrée. Leur piétinement et leurs déjections dessèchent les sols et polluent les eaux. On ne peut donc affirmer que la présence de moutons est dans tous les cas bénéfique pour la biodiversité, cela dépend de la conduite des troupeaux et du nombre de têtes. On ne peut évidemment pas dire qu’éradiquer l’ours, le loup ou le lynx améliorerait la biodiversité, sauf à décréter progressivement que la biodiversité c’est l’ensemble des espèces moins celles qui déplaisent, l’ours pour les uns, le héron ou le renard pour les autres, le frelon ou le moustique pour beaucoup... Pour favoriser la biodiversité, maintenir un pastoralisme de montagne, oui mais pas n’importe lequel. |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Sam 03 Nov 2007, 11:22 | |
| L’Association pour la Cohabitation PastoraleL’Association pour la Cohabitation Pastorale est une structure pyrénéenne constituée majoritairement d’agriculteurs de montagnes (éleveurs, bergers, apiculteurs...) favorables à une cohabitation avec tous les autres utilisateurs de la montagne, faune sauvage comprise. En proposant des outils pour régler la problématique de la cohabitation, elle permet d’envisager un pastoralisme durable, garant de la transmission des savoirs-faire, du maintien de la cohésion du tissu socio-économique de montagne, de l’entretien des paysages et du maintien de la biodiversité floristique et faunistique. |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mar 01 Juil 2008, 18:11 | |
| Pour ceux qui ont du mal à décoder le protocole loup !Le comité départemental loup s’est réuni vendredi dernier sous la présidence du préfet et en présence d’Henriette Martinez, députée, membre du groupe national loup. L’objectif de cette réunion était de faire un point de la situation en ce début de campagne 2008-2009. Onze loups au minimumConcernant le nombre de loups dans notre département, l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) estime actuellement la population à un minimum de onze individus : une meute dans le Queyras, une dans la Clarée et le Béal-Traversier et deux individus dans le Dévoluy-Durbon-Jocou. La présence d’au moins un loup est signalée dans le Buëch. Par ailleurs une louve gestante, âgée de 7 ans, a été tuée accidentellement le 2 mai à Aiguilles. Six loups peuvent être abattusLa réunion a permis de revenir sur l’application du protocole national d’intervention sur le loup qui a été publié au journal officiel le 20 juin. Au-delà des mesures de protection encouragées et aidées par les pouvoirs publics, le protocole reconduit les possibilités d’effarouchement et le quota de six loups pouvant être abattus sur l’arc alpin. Les éleveurs pourront également, en respectant certaines conditions (troupeaux protégés, pratique de l’effarouchement et persistance des dommages), faire usage d’armes à feu pour défendre les troupeaux contre les attaques de loup. Dans les zones où le loup est installé, le recours à la pratique du tir de défense peut désormais intervenir dès la première attaque de loup pour les troupeaux protégés (alors qu’il fallait attendre deux attaques l’an passé). Dans les zones de présence ancienne du loup (Queyras, Béal-Traversier, Clarée), le tir de défense peut avoir lieu avant toute attaque, pour les troupeaux protégés ayant subi au moins deux attaques de loup sur deux années distinctes entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2008. En cas de nouvelle attaque malgré le tir de défense, le préfet pourra ordonner des tirs mis en oeuvre par des lieutenants de louveterie, et en dernier recours, organiser des tirs de prélèvement encadrés par l’ONCFS. Dans les nouvelles zones de colonisation du loup, il est également possible d’intervenir après deux attaques à condition d’avoir mis en ooeuvre des moyens de protection d’urgence et effectué un effarouchement. (Source : FERUS) |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Lun 28 Juil 2008, 11:17 | |
| Des éleveurs parlent de leur rapport au loup : Cliquez ici |
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Jeu 09 Oct 2008, 16:07 | |
| Loup : une menace pour le pastoralisme ?Lorsque l’on côtoie les éleveurs et les bergers, dans un cadre professionnel, au gré des rencontres lors de randonnées, ou dans le cadre du programme PastoraLoup, leurs discours laissent apparaître un attachement fort à leur métier, leur troupeau, passion entachée par de réelles et nombreuses difficultés. A la faveur des échanges, même si la question du loup reste souvent une entrée en matière préférentielle, les préoccupations lupines passent très rapidement au second plan d’une longue liste de difficultés diverses. D’ordre économiques, conjoncturelles ou intrinsèques à l’activité, les difficultés que rencontrent les éleveurs ovins ont contribué et contribuent encore à ce jour à fragiliser l’activité. Dans un contexte où, trop souvent encore, le modèle productiviste rechigne à prendre en compte la diversité des types de structures et formes d’exploitation, ainsi que la multifonctionnalité avérée ou nécessaire de l’agriculture, certaines spécificités sont perçues comme des handicaps. Le rapport sur « L’avenir de la filière ovine », réalisé à l’automne 2007 pour le sénat* , présente un état des lieux de cette activité. Dix huit points, difficultés ou handicaps rencontrés par la filière, sont recensés et permettent de mieux comprendre cette fragilité. (Pour en savoir plus et Sources : Cliquez ici) |
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