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Yellowstone Louve Alpha


Age : 20 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 3394 Localisation : Territoire des Lycans Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 19 Mai 2006, 11:07 | |
| Association pour la promotion du pastoralisme : Cliquez ici
Dossier du CERPAM : Loup et Pastoralisme _________________
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


Age : 24 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 4130 Localisation : auprès de mon Troll Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 19 Mai 2006, 20:24 | |
| Mais comme je l'ai déjà fait remarquer, il y a des bergers pro-ours. Ils ont même fait une asso. Comme quoi, tous les bergers ne sont pas à mettre dans le même panier (celui des chasseurs ^^) _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 19 Mai 2006, 20:56 | |
| Quelques témoignages qui prouvent que certains bergers ne sont pas buter sur leur position :
Les pro-loup devenus bergers en Isère
Généralement, dans les histoires de loup, il y a les écologistes d'un côté et les éleveurs de l'autre, avec, au milieu, un énorme vide. Mais sur l'alpage rocailleux du vallon du Mercier, en plein coeur du massif de Belledonne (Isère), ce fossé semble sur le point de se combler. Là, à deux heures de marche du parking le plus proche, Marius Repellin monte chaque été ses 900 brebis et ses quelques chèvres.
Avant l'arrivée du loup, il les laissait pâturer seules et montait juste de temps en temps leur amener du sel. Mais, depuis que la bête est de retour, ce mode de fonctionnement n'est plus possible: une présence humaine permanente est nécessaire. Avec les subventions du programme Life (L'Instrument financier pour l'environnement, cofinancé par différents ministères et par l'Union européenne), Marius a embauché un aide-berger. Et, depuis deux ans, il reçoit également l'aide d'«écovolontaires», des bénévoles, écologistes pour la plupart, décidés à donner de leur temps pour aider les bergers face aux nouvelles contraintes que leur impose le loup.
«Au-delà du coup de main que ces volontaires peuvent donner, il s'agit surtout de pousser à se rencontrer des citoyens dont les logiques de vie sont parfois très éloignées, explique Jean-Luc Borelli, responsable de ce programme d'écovolontariat mis en place par l'association écologiste Ferus. De toute façon, la cohabitation entre le loup et le mouton passera d'abord par celle des hommes entre eux !» Ainsi, depuis le début de l'été et jusqu'à mi-octobre, des étudiants, des chômeurs, des retraités, des pharmaciens, des instituteurs ou encore des chercheurs se succèdent sur une quinzaine d'alpages en France, dont celui de Marius. «Puisque les écolos veulent le loup, je les utilise», se justifie en plaisantant l'éleveur.
Jumelles. «Puisque le retour du loup coûte aux bergers, chacun doit faire des efforts», explique de son côté Catherine, qui termine son deuxième séjour en tant qu'écovolontaire chez Marius. Voilà deux semaines que cette institutrice de 48 ans vit au rythme du troupeau, se lève à 6 heures chaque matin, passe ses journées à scruter les moutons aux jumelles et à informer les nombreux randonneurs sur les comportements à respecter dans le troupeau.
Assis dans l'herbe, enveloppés dans une brume qui peine à se lever, Marius et Catherine discutent avec passion de ce qui les réunit et les sépare à la fois: le loup. Réintroduit pour l'un, revenu naturellement pour l'autre, l'animal est tantôt un sanguinaire qui vide la forêt, tantôt un régulateur d'une faune sauvage devenu trop abondante. «Tant que nous resterons séparés par des idées fausses, nous n'avancerons jamais, résume Catherine. Par exemple, je croyais que l'éleveur touchait trois fois le prix de l'agneau avant même de le vendre grâce aux primes. Mais ce n'est pas du tout le cas ! S'il ne vend pas son agneau, les primes ne lui suffisent pas pour vivre...»
«Les bergers disent peut-être beaucoup de conneries sur les écolos, mais les écolos en disent beaucoup sur nous aussi, conclut Marius en riant. Le problème, c'est que les écolos savent mieux s'exprimer, ils ont le temps de lire, de s'informer. Au final, ils sont beaucoup plus écoutés que nous. D'où l'intérêt d'avoir des bergers écolos !» Et sa tactique fonctionne .
Pro-mouton. L'année passée, Laure était écovolontaire sur son alpage. Cette année, Marius l'a embauchée pour trois mois en tant que bergère. Or, si le discours reste pro-loup, l'approche désormais diffère. «Le loup m'intéresse évidemment, mais les moutons aussi. Contrairement à Catherine, je ne suis pas venue ici pour le loup. Je suis surtout là afin de trouver des solutions pour le mouton», raconte cette jeune femme de 31 ans qui travaillait jusqu'à présent dans une réserve naturelle près d'Orléans. Dans la cabane de la Pra, sans eau ni électricité, Laure raconte sa découverte du métier. Cette année, elle a vu naître les agneaux, elle en a nourri certains au biberon, elle a appris à traire les chèvres... Résultat: «Je suis devenue très attachée à certaines bêtes et je ne pourrais pas supporter que le loup me les prenne. Il y a même une chevrette que j'aimais tellement que je n'ai pas voulu qu'on la monte ici: elle est restée à la ferme...», sourit Laure. Marius est aux anges.
Sur cet alpage, à plus de 2 000 mètres d'altitude, il semble que le pari d'une cohabitation entre écologistes et éleveurs soit en passe d'être gagné. Conséquence ou coïncidence, celle entre le loup et le mouton ne se porte pas trop mal non plus: aucune bête n'a succombé aux crocs du prédateur cette saison. Une seule l'an passé _________________
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


Age : 20 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 3394 Localisation : Territoire des Lycans Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mer 07 Juin 2006, 16:12 | |
| Loup et pastoralisme, possible ou pas possible?
C'est la question qui résume les problèmes en France. Et pourtant, des solutions existent, elles ont été maintes fois répétées. La plus sûre semble être le chien Patou. En allant manifester, on nous a montrer un reportage sur l'efficacité de ces chiens dans un lieu où la population des ours est la plus importante et où il y a aussi des loups, des coyotes et des cougars. Les éleveurs ont des troupeaux de 1500 voir 2000 bêtes et jusqu'à 6 chiens...en 8 ans beaucoup n'ont perdu aucun animal ou un seul. Y'a plus de prédateurs dans ce pays que de moutons dans le Mercantour et pas une seule perte...ça fait réfléchir. _________________
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


Age : 24 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 4130 Localisation : auprès de mon Troll Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Jeu 08 Juin 2006, 10:22 | |
| Ca fait réfléchir, oui. Mais encore faut-il le vouloir. _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


Age : 20 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 3394 Localisation : Territoire des Lycans Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 09 Juin 2006, 12:20 | |
| Centre virtuel de ressources du pastoralisme francophone : Cliquez ici
Réalités du Pastoralisme : Cliquez ici
Relation interdépendante entre les éleveurs, leurs troupeaux de ruminants et leurs biotope.
Cette relation débute dans l'histoire avec la domestication de certain animaux d'instinct grégaire (il y a environ 10 000 ans). Economiquement et socialement très importante dans les sociétés rurales ou primitive, le pastoralisme déclinera dans le monde occidental avec l'exode rural et l'agriculture industrielle. En france, l'activité pastorale se confinera essentiellement dans les zones difficiles où les grandes cultures n'ont pas leurs places. Une des spécificités du pastoralisme est la transhumance pendant laquelle le betail pâture des zones d'altitudes (estive) lors de la belle saison. On peut noter l'importance de cette activité quant au maintient des espaces ouverts nécessaires à la biodiversité. Seule la "pression pastorale" préserve les milieux accidentés de s'enfricher. _________________
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


Age : 20 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 3394 Localisation : Territoire des Lycans Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Jeu 22 Juin 2006, 14:35 | |
| Saint-Véran : 530 brebis attaquées L’attaque du troupeau fait un carnage
C’était la fête des pères dimanche. Alors Michel Imbert n’est pas allé voir son troupeau tout de suite. Bien gardé, en théorie.
Michel et René Imbert montrent la chèvre attaquée par le loup. Une parmi 27.C’était la fête des pères dimanche. Alors Michel Imbert n’est pas allé voir son troupeau tout de suite. Bien gardé, en théorie. Des filets de protection électrifiés, un chien patou et deux ânesses, réputées dit-on pour éloigner les prédateurs. Mais lorsque Michel Imbert est arrivé à l’enclos, à 150 mètres de sa bergerie, « mon troupeau avait disparu. Le chien aussi ». 530 brebis... L’éleveur queyrassin n’a pas mis longtemps à comprendre. Et il a découvert un peu loin les cadavres de plusieurs brebis. « Je suis allé chercher mon frère et on est partis à la recherche du troupeau. On a ratissé la station (de Saint-Véran, ndlr), on savait pas où il était ». Ils l’ont malheureusement suivi à la trace. « On a trouvé les brebis et le chien effrayé à plus de 2700 mètres d’altitude, dans la neige ! ». Avant, ils ont encore découvert des animaux morts. La dernière brebis étranglée a été retrouvée à 2600 mètres.
27 bêtes perdues
Hier matin, Michel Imbert faisait les comptes : neuf brebis ont été égorgées, plusieurs dévorées. Neuf ont été blessées (dont huit euthanasiées) et neuf ont disparu. Pour les deux frères, qui sont associés, il n’y a pas de doute : « C’est le loup et il n’y en avait pas qu’un pour faire un tel carnage.
Mais le pire, c’est que ça se passe dans un enclos protégé et pas loin des maisons ». Le village de Saint-Véran n’est qu’à 300 mètres de l’enclos. « Je ne suis pas chasseur et je n’avais pas très envie de prendre un chien patou. Je l’ai quand même fait parce qu’on me le demandait. Ça n’a servi à rien », se désole Michel Imbert.
« Probablement le loup »
« C’est vrai qu’avec de telles protections, une attaque de prédateurs est plutôt rare et elle ne vient certainement pas d’un seul individu », observe Anne-Laure Plisson. L’agent de la brigade pastorale du parc du Queyras est venue faire des prélèvements hier, et a constaté les attaques, mais elle se garde de prononcer le mot " loup ". Les parcs électrifiés ? « Les prédateurs n’aiment pas l’électricité. Ils se débrouillent pour affoler les bêtes et les faire sortir de l’enclos ». C’est apparemment ce qui s’est passé à Saint-Véran. Au vu des premières observations qui lui ont été communiquées, le directeur départemental de l’agriculture et de la forêt, Jean-Marc Pringault, avance : « C’est probablement le loup. Il existe d’ailleurs une meute sur le secteur ». A l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), Yannick Léonard confirme. Le responsable du suivi loup pour la région Paca a dénombré deux meutes permanentes (qui sont restées cet hiver) dans les Hautes-Alpes : « Une dans le Queyras et l’autre au nord de Guillestre, dans le massif du Béal Traversier ». Ils seraient « au minimum huit ». Un troisième groupe a été identifié dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Sylviane GARCIN _________________
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mer 28 Juin 2006, 12:00 | |
| Loup : pas de tirs loin des troupeaux
FERUS participe au groupe national loup et à certains des groupes départementaux. Suite à la dernière réunion du groupe départemental des Alpes-Martimes, FERUS a adressé ce courrier au préfet pour exprimer son désaccord quant à un des points essentiels du protocole 2006 permettant le tir de 6 loups maximum. FERUS ne manquera pas également d’en faire part lors du prochain groupe national loup.
| Citation: | 27 juin 2006
Monsieur le Préfet,
Suite à la réunion récente du groupe départemental loup du 06 et à mon intervention concernant les éventuels tirs de prélèvement, je vous confirme par la présente les propos que j’ai tenus au nom de FERUS à ce sujet.
Le protocole prévoit que, en cas de prélèvement, « le préfet peut organiser des tirs de prélèvement A PROXIMITE des troupeaux attaqués ». La définition du mot proximité est : « voisinage immédiat, près de ... ». Il n’est donc pas question, à notre sens, que cela soit, comme il m’a été répondu, « dans la zone d’alpage », ce qui, vous en conviendrez, est bien moins restrictif.
Une des avancées majeures du protocole 2006 étant, à notre avis, la fin des « traquenards » pour éliminer des loups n’importe où et surtout près de leurs lieux de passages connus, nous ne saurions cautionner l’interprétation qui m’en a été faite au cours de la réunion.
Si un tir de prélèvement devait être autorisé dans le 06, notre association sera particulièrement vigilante sur les conditions d’application formellement prévues par le protocole et utilisera tous les moyens juridiques à sa disposition si ces tirs ne sont pas organisés à proximité des troupeaux attaqués.
Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à mes respects les plus profonds.
Le président - J F Darmstaedter |
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


Age : 24 Inscrit le : 21 Avr 2005 Messages : 4130 Localisation : auprès de mon Troll Famille : 
 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Dim 16 Juil 2006, 19:14 | |
| Un point de vue intéressant trouvé sur le net:
les écologistes sont ils prèts à donner l'exemple?
Cela fait un an que j'ai commencé ce blog et depuis que je m'intéresse à la question de la prédation je n'ai jamais eu vent d'actions positives de la part des associations écologistes. Elles ne font que donner des leçons, des recettes que d'autres sont censés appliquer. Je tiens juste à saluer l'exception: les écovolontaires. On peut remercier ceux qui ont réellement fait cette expérience, mais certes pas ceux qui s'en servent comme alibi. Je ne crois pas au prétexte de la biodiversité concernant le retour du loup.
Comme le fait remarquer la confédération paysanne, un maillon à l'extrémité d'une chaîne n'est pas le plus important. Il y a par contre de nombreuses espèces liées au pastoralisme qui occupent une place plus importante dans cette chaîne et qui sont en danger. Si le loup avait une raison d'être aujourd'hui, elle serait liée à l'homme bien sûr. Il s'agirait de nous mener à un état de solidarité permettant de faire une place à un animal qui pose problème à l'homme.
Or sacrifier une minorité, lui ôter ses valeurs propres pour un événement sensationnel qui fait fantasmer la majorité, c'est tout le contraire de cet idéal. Un éleveur Suisse par exemple n'a pas lieu d'avoir peur...de ses concitoyens. Je pose donc la question aux défenseurs de la nature sauvage :"Méritez- vous votre loup?"
Lorsque j'ai écrit dans un précédent article du blog ce poème ironique "Investissez dans le mouton", je souhaitais défier les défenseurs du loup qui espèrent sincèrement la cohabitation, afin qu'ils donnent un exemple et je crois réellement à la portée d'un tel acte. En effet il est des zones ou la pression du loup est insupportable. Mais pour le pastoralisme, abandonner de tels endroits ferait un effet boule de neige. Cela équivaudrait à la politique de la terre brûlée. C'est à dire que ce serait les pâturages voisins qui subiraient alors la même pression et seraient en danger d'être abandonnés à leur tour. C'est là que pourrait se prendre un engagement clair envers le pastoralisme. Il serait propre à prouver la volonté et la possibilité d'une cohabitation. En effet il est tentant pour les pro-loup de se réjouir de ces abandons et on connaît des cas ou ils se sont rués sur l'aubaine. Ils ont remplacé l'activité pastorale par des centres touristiques dédiés au loup sous prétexte de pédagogie. Cela constitue de véritables déclarations de guerre enver les bergers. Qu'il ne soit pas question dans ces conditions de prétendre soutenir le pastoralisme dont l'environnement a pourtant besoin.
On m'a rapporté un exemple édifiant: dans le Parc du Mercantour, sur un alpage lui appartenant en propre, la pression du loup y était énorme, démoralisante. Or pour compléter ce tableau noir, le Parc, propriétaire des lieux, ne mettait même pas à la disposition du berger (une bergère en l'occurence), d' hébergement décent. Comme on s'en doute, l'éleveur ne retournera pas en 2006 sur cet alpage. Qu'en adviendra t-il ? Et s'il est réellement abandonné, qu'adviendra t-il des alpages voisins ? Pour des pro-loups, installer dans ce genre de conditions une exploitation d'élevage ovin reviendrait à jouer un rôle de pare-feu à la désertification dont on leur serait reconnaissant. Bien sur, se serait également l'occasion de faire un modèle et un laboratoire de la cohabitation.
Cela aurait réellement un impact car pour réussir ce défi il faudrait trouver un berger expérimenté, un "baïle", dont on déplore souvent aujourd'hui que le concept ait disparu. Si de plus, les pro-loup arrivaient à prouver qu'une telle exploitation est rentable malgré ces handicaps et la nécessité d'offrir un salaire motivant pour un tel berger, ils marqueraient un point décisif.
Source: http://blogs.aol.fr/ernymathieu/Ledroitdesbrebis/entries/1493 _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Sam 19 Aoû 2006, 20:58 | |
| Pyrénées, à l’école des bergers
19 août 2006 à 21.35 360° - Le reportage Géo - Making of
“Je suis un gardeur de troupeau, mon troupeau ce sont mes pensées, je pense avec les yeux et les oreilles”, écrivait Fernando Pessoa. C’est donc en bergère, avec pour troupeau mes innombrables cassettes que j’ai choisi d’aborder ce film. Berger versus réalisateur, petit making-of à saute-moutons.
Première surprise en préparant ce tournage: contrairement aux idées reçues qui renvoient les pâtres à un statut aussi mythique que flou, le berger français est le plus souvent un travailleur salarié: embauché chaque année pour la durée de l’estive, de juin à octobre environs. D’une année sur l’autre, rien ne vient garantir le renouvellement de son contrat, seules interviennent la satisfaction des éleveurs ou de la commune qui l’ont embauché l’année précédente. Le berger français est en sommes un intermittent du pinacle... filmé par des d’intermittents du spectacle!
Yves Renaud, le maître berger au coeur de notre film, doit rendre des comptes à 17 éleveurs différents: 13 moutonniers, 3 chevriers et un bouvier. Autant de personnes qui tout au long de l’estive demandent à voir comment se porte le troupeau confié à la bonne gestion du berger. Pour ce GEO, je me suis amusée à compter le nombre de personnes à qui je devais rendre compte de l’avancée du film: chargés de programmes des différentes chaînes (arte, WDR et Geo-TV), société de production, et personnes filmées: 17 aussi! Comme dit toujours Yves: “il faut être diplomate”!
Entre les visites des éleveurs, berger est un métier solitaire. Deux compagnons toutefois entourent le pâtre sur l’estive: un chien de travail, chargé de donner au troupeau la direction souhaitée par le berger, et un chien de protection, élevé pour défendre le troupeau contre les prédateurs. Les compagnons d’Yves s’appellent Sam et Violette. Ceux de Yann, notre apprenti-pastoureau, Ulout et Meina. Les miens, ce sont Didier, le cameraman, et Marc, l’ingénieur du son! A cette différence près que Didier et Marc s’assurent concomitamment que les images et les sons enregistrés soient bien conformes à ma direction, et qu’aucun plaisantin ne viennent troubler le tournage en criant en pleine prise “c’est pour France 3? ”
Le jour de la transhumance, Yves et Yann ont marché sous la pluie de 5 heures du matin jusqu’à treize heures: 40 kilomètres, sur 1300 mètres de dénivelé. “Une paille!”, dixit Yves. Car chaque jour, sur l’estive, les 2 bergers avalent quelques 2000 mètres de dénivelé. 10 heures durant, ils montent, descendent, remontent, redescendent. Mener les brebis là où l’herbe semble plus verte n’a rien d’une promenade. Lors de la transhumance, nous avons nous passé notre temps à prendre de l’avance sur le troupeau, filmer, redépasser le troupeau, filmer... le tout en dégringolant de notre 4x4.
On avait l’air malins avec ce Cherokee de location, mais on se voyait mal faire les 40 km à pied avec 100 kilos de matériel... Une fois sur l’estive, plus de 4x4... Heureusement, Canabis, l’âne de portage de Jacques, le chevrier, portait les housses de notre matériel et le pied de caméra entre les prises, sans oublier notre barda... Ceci étant, Didier a quand même porté sans cesse sa caméra (14 kg), Marc, son équipement son (14 kg aussi).
Le lendemain de la transhumance, puis une fois par mois durant l’estive, Yves compte les bêtes de son troupeau: il s’agit de vérifier qu’aucune ne s’est égarée ou n’est tombée malade. Certaines brebis montent pour mourir de vieillesse au grand air: paix à leurs âmes. D’autres tomberont dans l’un des innombrables gouffres du Pic du Cagire ou se feront croquer par un renard, un ours ou un chien errant. Il y a aussi les catastrophes imprévisibles: une année, Yves a perdu 150 brebis en une seule nuit: foudroyées. En dehors de ces cas extrêmes, Yves estime que 3% de brebis mortes est un pourcentage de pertes honorable. Nous avons tourné nous 29 heures de rushes pour 52 minutes de montées. Soit 3% d’images et de son finalement exploités... Mais c’est là aussi un pourcentage raisonnable dans notre profession.
Le troupeau confié à un berger représente une valeur financière considérable. Le mot “cheptel” s’apparente d’ailleurs au terme “capital”, au sens pécuniaire du terme. Chaque brebis vaut au minimum 120 euros, et Yves en garde 1350: 162 000 euros! Le prix moyen d’un documentaire... GEO étant un reportage, notre film a coûte moins: contrairement à un documentaire, un reportage exige peu de travail d’écriture en terme de réalisation, et les temps accordés à la post-production (montage, mixage) sont de moitié inférieurs à ceux qu’exige un documentaire de création. Cela n’empêche pas un reportage d’être intéressant ou soigné, ce n’est simplement pas le même type de programme. Yves tient beaucoup à ce qu’on n’appelle pas “mouton” (qui désigne le mâle castré) leurs “brebis” (les femelles mais aussi l’animal en général). Nous, on aime à ce qu’on ne confonde pas “reportage” et “documentaire”!
Enfin, bergers et réalisateurs ont un ennemi commun: la mondialisation financière. Pour les bergers des Pyrénées, cette mondialisation a la silhouette épaisse... des agneaux néo-zélandais (que Yves trouve très bons, par ailleurs!). En effet, contrairement aux sveltes brebis du Cagire, seules capables de gambader sur les flancs escarpés des Pyrénées, les plantureuses brebis néo-zélandaises sont avant tout élevées pour leur laine. Leur viande n’est donc qu’un “sous-produit”, écoulé sur les marchés européens à 3 euros du kilo, contre 6 euros pour gigot pyrénéen... Or le prix de la viande d’agneau en France n’a pas augmenté depuis 25 ans. Difficile dans ce contexte d’exiger des éleveurs et des bergers qu’ils se montrent indulgents vis-à-vis du surcroît de travail que représente la réintroduction de l’ours ou l’arrivée du loup dans les Alpes. Mais comme le dit très justement Francis Chevillon, berger philosophe interviewé dans notre film, si les bergers ou les éleveurs déclaraient: “nous n’arrivons plus à joindre les deux bouts, la concurrence avec l’agneau néo-zélandais nous écrase”, aucune équipe de télévision ne viendrait les filmer. En revanche, que l’on hurle au loup ou à l’ours, et la presse débarque illico... En télévision, la mondialisation financière porte un nom menaçant: le formatage. Là où le berger affronte un consommateur exigeant des prix cassés, le monde de l’audiovisuel fait face à des spectateurs qui réclameraient, nous dit-on, de l’ ”easy-watching”: interviews ultra-courtes, pas de termes compliqués, une idée par film pas plus... bref, le prototype des reportages américains (qui peuvent s’avérer très instructifs aussi, par ailleurs). Bien sûr, quand les réalisateurs dénoncent l’uniformisation de la télé, personne ne les entend. Du coup, ils crient au démantèlement du régime intermittent!
Heureusement, un petit village résiste encore et toujours à l’envahisseur: bienvenus chez arte! Heureusement aussi, une association de bergers forme dans les Pyrénées bien plus que des pâtres: des jeunes femmes et des jeunes hommes qui posent un regard lucide, subversif sur la société, et s’engagent corps et âme pour un autre monde, loin du productivisme et des diktats de consommation. Des jeunes-gens qui ont décidé de coloniser les marges de la société, sans être pour autant des marginaux. Des citoyens calmes et passionnés à la fois, comme Yann: bienvenus à la Formation des Pâtres de Haute Montagne!
Et puisqu’en France tout se finit toujours par un banquet, un dernier parallèle: quand Yves ou Francis redescendent les brebis à l’automne pour le “démountagnage”, ils organisent avec leurs éleveurs un grand repas. Nous, on appelle ça un repas de fin de tournage. Ou de fin de making off!
Voilà, vous pouvez retourner à vos moutons!!! Myriam tonelotto, réalisatrice
source: http://www.loup-ours-berger.org/2006/05/aspap_deluge.html _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mer 23 Aoû 2006, 11:12 | |
| Pastoralisme, Michel Meuret ou le scientifique parmi les bergers (ou pourquoi ce serait idiot d'abbatre tout les berger)
Ingénieur, agronome, écologue à l’Inra d’Avignon, Michel Meuret, 42 ans, remet en cause certains travaux scientifiques conduits en laboratoire sur l’alimentation des troupeaux. Pour appuyer ses recherches sur le terrain, il se penche sur le savoir-faire empirique des bergers, leurs connaissances techniques, leur sens d’organisation des circuits en montagne. Observateur, Michel Meuret descend la recherche scientifique de son piédestal, bouscule les modèles classiques pour aider les scientifiques à se rapprocher des réalités.
Depuis la fin des années 1980, vous travaillez avec d'autres chercheurs de l'Inra et du CNRS et parfois seul sur la conduite des troupeaux par les bergers et leur alimentation. Quelles réflexions tirez-vous de cette approche du monde des bergers ?
Michel Meuret: Les bergers sont des praticiens expérimentateurs. Dans l'ancien temps, les bergers de village connaissaient sur le bout des doigts les montagnes où le troupeau était autorisé à pâturer. Aujourd’hui, les bergers sont des salariés, des ouvriers parfois mal considérés par leurs employeurs qui doivent emmener le troupeau qu’on leur a confié pour la saison sur de nouvelles montagnes. Observateurs scrupuleux, ils connaissent les goûts du troupeau et savent par expérience quel type de circuit de pâturage il appréciera. Ils testent en permanence le troupeau, leur vitesse de déplacement, leur appétit ou leur manque d'appétit, dans une prairie, sous une forêt. C'est une observation constante. Les chevriers ne quittent jamais des yeux leur troupeau. Ils accumulent des connaissances techniques, des savoirs sur la qualité des lieux de pâturage. Ils font des erreurs en permanence et en dégagent des règles de conduite. Ils possèdent un savoir excellent mais localisé au troupeau, à une montagne et à une saison de l’année. La notion la plus importante pour les bergers est le temps : le temps des repas, de leur répartition dans la journée, du long apprentissage nécessaire pour faire manger en abondance. Cette pratique s'est complètement perdue avec l'élevage moderne.
La recherche en laboratoire trouve dans ce cas-là ses propres limites ?
Michel Meuret: En focalisant tout sur la valeur intrinsèque des aliments, on oublie le plus important: l'organisation dans le temps du processus d'alimentation. Les plantes seules ne disent pas grand-chose, même quand on les étudie en laboratoire. Ce sont les animaux qui renseignent sur la qualité des plantes. Le berger doit bien concevoir ses circuits afin d'offrir une alimentation variée et de stimuler l'appétit des brebis. Ainsi, passant de longues journées à leurs côtés, je me suis rendu compte que les animaux ne consommaient pas les plantes dans l'ordre, de la meilleure à la moins bonne valeur nutritive. Ce qui les enthousiasmait et les faisait consommer d'énormes quantités, c'était la possibilité de se constituer des mélanges, de diversifier chaque jour leur alimentation. Du coup, l'idée de produire des tables alimentaires, comme cela s'était fait pour la rationalisation de l’alimentation à l'auge, perdait tout son intérêt. Au terme de plusieurs années d'observation, j'ai construit avec les bergers un modèle d’organisation de circuits de pâturage, « le modèle menu », permettant de comprendre combien un savoir-faire empirique pouvait être efficace pour stimuler l'appétit du troupeau et maîtriser également le développement des broussailles.
Pourquoi un scientifique de l'Inra aborde-t-il les savoirs sous cet angle ?
Michel Meuret: Ce choix résultait du constat que les troupeaux gardés par les bergers ne s’alimentaient pas selon les normes établies scientifiquement. Des chèvres qui auraient dû mourir de faim étaient en pleine santé et produisaient même du lait en abondance. Mais la recherche menée en plein air est plus complexe, bien plus coûteuse en temps de travail et en tissage de réseau scientifique que celle du travail en laboratoire. Prenez un scientifique qui travaille sur le comportement d'un troupeau dans un parc en montagne. Le chien du voisin aboie de temps en temps et en dehors des jours de présence du chercheur. Le troupeau, par peur du chien, ne veut pas se rendre sur cette partie-là du parc. Le chercheur peut en déduire que l'herbe sur cette portion du parc est mauvaise… Si vous n'êtes pas resté suffisamment de temps pour comprendre que c'est le chien du voisin qui effraye les vaches, vous allez incriminer l'herbe, sa mauvaise qualité nutritionnelle. Dans cet exemple, c’est le troupeau qui renseigne sur la valeur alimentaire. Je fais la navette entre les praticiens et les biologistes en laboratoire. C'est cet aller-retour qui me permet de mieux appréhender le monde pastoral.
Comment se déroulaient vos recherches aux côtés des bergers ?
Michel Meuret: J'ai passé une dizaine d'années aux côtés des bergers. Je restais avec eux de trois semaines à deux mois. Il faut entrer dans une relation d’intimité et d'humilité avec eux. En tant que scientifique, il faut s'attendre à l'imprévu et être prêt à se voir étonné. Notre circuit de pratique scientifique, c’est terrain-labo-terrain. J'adopte, pendant toute la durée de mon étude, une posture de naturaliste. Cette démarche de biologiste de terrain me rapproche des sciences humaines.
Les ingénieurs agronomes sont-ils suffisamment formés notamment en sciences humaines ?
Michel Meuret: Les écoles d'agronomie préparent plutôt bien à une certaine ouverture d’esprit. Il n'empêche, elles ne vous forment pas assez à vous confronter à l’imprévu, au sens de l'observation et au questionnement. On essaye encore de former des « encyclopédies à roulettes », des étudiants spécialistes qui possèdent une bonne connaissance livresque mais qui peuvent être facilement déroutés lorsqu'ils se trouvent dans le monde réel.
Est-ce un handicap ?
Michel Meuret: Oui. Depuis une trentaine d'années, l’agriculture s’est hyper spécialisée en filières de production. C’est pareil en agronomie, il y a deux filières : les productions animales et les productions végétales. Du coup, le pâturage est encore mal traité, car c'est la rencontre du végétal et de l’animal.
Le scientifique sera-t-il plus souvent confronté aux problèmes de société ?
Michel Meuret: Oui. Il y a 2O ans, les scientifiques étaient moins sollicités sur les questions de société, sur leurs métiers. Les événements survenus ces dix dernières années (vache folle, dioxine, OGM), mal anticipés par les scientifiques conduisent à une sensibilisation grandissante du grand public vis-à-vis de la production agricole. Le spécialiste n’est pas préparé à répondre aux questions de société. Un exemple : l’arrogance actuelle des généticiens en réponse aux arrachages d’OGM en plein champ. Si l'agriculture veut vivre, elle ne doit pas rester enfermée dans son monde. Elle doit répondre aux préoccupations de la société actuelle en matière de santé et d’environnement.
Michel Meuret est né à Bruxelles. Il est l’auteur d’un mémoire sur Le Pasteurisme des chèvres en sous bois dans lequel il analyse la motivation alimentaire des troupeaux et les façons de l’améliorer par des pratiques d’élevage adaptées. Il est régulièrement sollicité comme chercheur à l’Inra par les collectivités territoriales et locales du sud-est de la France, notamment dans la mise en œuvre des politiques agri-environnementales européennes. Il est l’inventeur du « modèle menu », un modèle d’organisation de circuits de pâturage pour inciter les troupeaux à mieux manger dans des zones en friche. Michel Meuret vérifie depuis une dizaine d’années, aux côtés des bergers, que ses travaux et ses idées sur l’introduction des troupeaux comme moyen de prévention des incendies de forêts collent à la réalité du terrain. Il veut « légitimer » le métier de berger. Pour lui, « leur utilité pour l’agriculture est plus grande qu’on le dit. On devrait plus souvent les consulter et faire appel à leur pertinence pour résoudre les problèmes de gestion du territoire comme par exemple l’introduction du lama. Des collectivités ont voulu, dans les années 1985, implanter le lama dans le sud-est de la France pour débroussailler des régions gagnées par le maquis. Le lama était devenu une nouvelle recette magique, car on pensait qu’avec ses quatre estomacs, il offrirait une solution efficace. Mais, selon Michel Meuret, il coûte dix fois plus cher qu’une brebis et ne mange guère plus. »
Source : Village Magazine _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Lun 18 Sep 2006, 12:02 | |
| Ultrapastoralisme violent ou pastoralisme du XXIème siècle ?
Texte d'Abdesselam Lagrissy
Abddesselam Lagrissy, président de l'Association pour la Cohabitation Pastorale (ACP) , association d'éleveurs, de bergers et d'apiculteurs pyrénéens, analyse et trace le sillon d'un avenir apaisé, loin des positions artificielles et surfaites d'un ultrapastoralisme (1) violent et rigide incarné par l'ASPAP ou l'ADIP. Pour y voir plus clair, il est intéressant de laisser la parole à un homme du terrain rural, pyrénéen, professionnel du pastoralisme. Texte extrait de la revue "Espaces Naturels" n°15 de juillet 2006
Pastoralisme: choisir la cohabitation
Abddesselam Lagrissy : «Le mode de fonctionnement pastoral actuel est incompatible avec l'évolution économique des marchés, avec les attentes des citoyens, avec certains impératifs environnementaux. Du reste, l'agriculture de montagne est dépendante des aides européennes et nationales et l'avenir des exploitations est compromis. Pourtant, dans le même temps, le développement des loisirs, le brassage culturel qui s'opère dans les vallées pyrénéennes, ainsi que les nouvelles attentes de nos concitoyens, nous interrogent sur le rôle du pastoralisme. Doit-il rester figé ou bien s'adapter, changer de vision, de modes de production ? Pendant des décennies, le monde pastoral a façonné la montagne. A cette époque, il y avait des petites exploitations et des hommes aux côtés de leurs bêtes, mais ce travail sur la montagne se trouve radicalement bouleversé. La forêt regagne du terrain ; les estives, faute d'une conduite guidée sont surpâturées sur les zones les plus riches et sous-pâturées sur les pentes les plus pauvres ; la taile des troupeaux augmente et il devient impossible d'assurer un gardiennage correct sur certaines zones.
Par aileurs, le renforcement de la populations d'ours dans les Pyrénées ajoute de nouvelles contraintes. L'histoire pourrait s'arrêter là. Les bergers éleveurs pourraient, par exemple, se battre contre l'ours. Ils tiendraient enfin un coupable. Et derrière les leaders, chacun prêcherait pour son exploitation en vantant les mérites d'un monde pastoral qu'une poignée d'hommes, silencieux eux, s'évertuent à maintenir par leur travail quotidien. L'ours finirait peut-être par disparaître. Mais rien n'aurait vraiment changé. Alors oui, un autre avenir est possible. Il nécesite de concevoir la montagne comme un tout, où les résidents pastoraux cohabitent avec les forestiers, les chasseurs, les randonneurs, les citadins, et avec une montagne sauvage en équilibre avec leur activité.
En choisissant cette voie, le monde pastoral pourra retrouver ses valeurs. En s'ouvrant et non en s'opposant aux évolutions inéluctables de la société, il passerait outre le clivage ville-campagne qui certains revendiquent pour justifier intolérance et immobilisme.
En s'adaptant aux impératifs de préservation de la biodiversité, le monde pastoral, les communes propriétaires des estives et toutes les autres composantes de la montagne y trouveraient également leur compte. Les troupeaux seraient de nouveau gardés, les bêtes mieux suivies et soignées, grâce à l'emploi supplémentaire de bergers. Leur travail de conduite guidée contribuerait à un meileur entretien de la montagne. Et avec la réhabilitation du chien de protection "Montagne des Pyrénées", c'est une part de l'identité pyrénéenne qui serait sauvée. La cohabitation, cela ne signifie nullement de prendre position en fonction de l'ours, mais d'appréhender l'ensemble du système montagnartd, lequel, pour avancer, doit compter sur toutes ses composantes.»
Abddesselam Lagrissy
Patrick Pappola : (1) Ultrapastoralisme : le terme d' «ultrapastoraux» désigne ceux qui, au nom de leurs pratiques, à ne surtout pas faire évoluer, même avec beaucoup d'aides, souhaitent par tous les moyens, l'éradication de l'ours brun des Pyrénées (et de toute autre espèce sauvage) qui les gênent dans la défense de leur immobilisme. On sait en effet que refuser les lâchers d'ours de cet été, c'est condamner obligatoirement l'espèce dans les Pyrénées. Prêcher que l'on n'est pas contre l'ours mais contre ces lâchers, c'est faire preuve, soit de manipulation, soit d'une grande confusion, soit d'un obscurantisme qui nie les évidences telles que la viabilité de la population d'ours dans les Pyrénées. _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Mer 01 Nov 2006, 12:18 | |
| FERUS soutien l’utilisation des patous
Un randonneur mordu par un patou a porté plainte. Verdict du tribunal de St Jean de Maurienne attendu jeudi 2 novembre...
L’association FERUS œuvre pour la cohabitation élevage / grands carnivores. Elle soutient notamment l’utilisation des moyens de protection et considère donc la présence des patous comme indispensable.
En alpage et en toute zone de pâturage, il est important que chacun respecte le travail des éleveurs et bergers ainsi que la quiétude des troupeaux.Pour écarter les grands prédateurs (loups dans les Alpes, ours dans les Pyrénées), les patous (chiens de protection) sont indispensables.
Chaque usager de la nature doit adopter de bons comportements vis-à-vis des chiens de protection des troupeaux. Face à un phénomène inhabituel, ces « gros chiens blancs » donnent l’alerte et s’interposent entre le troupeau et tout intrus (animal sauvage, chien, randonneur...). Leur objectif est la dissuasion. Bien qu’impressionnants, ils ne sont généralement pas agressifs envers l’homme. Garder ses distances avec le troupeau (le contourner et ne pas le traverser, adopter un comportement calme et passif, tenir son propre chien en laisse, descendre de vélo ou de cheval, ), laisser le chien faire son travail d’inspection et d’identification, ne pas l’encourager par des caresses... Généralement, des panneaux signalent à l’avance la présence de ces chiens auprès des troupeaux.
La montagne n’est pas aseptisée, c’est un grand espace plein de vie ouvert à tous. Elle le restera si chacun respecte les milieux naturels et leurs différents usagers, même si cela implique des efforts d’adaptation de part et d’autre.
Ferus estime que cet incident n’aurait jamais du venir devant un tribunal, et apporte son soutien aux éleveurs qui mettent en oeuvre les moyens recommandés par tous ceux qui veulent maintenir à la fois l’élevage et la faune sauvage dans un même espace. _________________
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|  | | Yellowstone Louve Alpha


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Ven 10 Nov 2006, 18:36 | |
| Un ami, président d'une assos' belge, a attiré mon attention sur un article et m'a demandé mon avis, j'attend le votre :
| Citation: | Le Président du MPF répond à nos questions
Dans le cadre des prochaines élections présidentielles françaises de 2007, Ornithomedia.com a décidé d'envoyer aux différents candidats une série de questions concernant leur position sur la protection des oiseaux et de leurs habitats. Philippe de Villiers, Président du Mouvement pour la France (www.pourlafrance.fr), est le premier à répondre à nos questions.
11- Dans votre programme, vous annoncez vouloir "stopper la réintroduction d'espèces dangereuses comme l'ours ou le loup" : croyez-vous donc que le loup a été réintroduit et n'est pas venu naturellement d'Italie ? Et le retour de ces prédateurs n'est-il pas un point positif pour le développement du tourisme vert, que vous mettez en avant dans votre programme ?
Philippe de Villiers : Des loups et des ours ont été réintroduits volontairement, c'est un fait. Je n'ai toujours pas très bien compris ce que cela rapporte, y compris du point de vue du tourisme. Le jour où des promeneurs se seront fait déchiqueter par une ourse qui défendra ses petits qu'elle croira menacés, vous verrez que tout le monde se plaindra à grands cris. Faire de nos territoires des laboratoires d'expérimentation peut être très dangereux et je me demande quelquefois si nos dirigeants parisiens ont bien conscience des attentes et des préoccupations des zones rurales. Nos modes de vie actuels ne permettent plus la présence d'animaux tels que l'ours ou le loup dans des zones où l'homme est de plus en plus présent.
De plus, il est parfaitement démagogique et illusoire de faire croire que l'introduction à dose homéopathique de prédateurs va contribuer à l'équilibre écologique. Nos agriculteurs et nos éleveurs de montagne ont travaillé, depuis bien longtemps, pour la préservation de la diversité de nos paysages et de leur entretien. Il faut leur rendre hommage et les encourager à poursuivre leurs efforts par des aides généreuses plutôt que de leur rendre la vie plus difficile par des opérations hasardeuses et coûteuses. |
Lire le reste de l'interview : Cliquez ici
J'ai répondu en gros que le gouvernement n'avait aucun interet à réaliser ses réintroduction (je parle du loup, les ours ont eu un bel impact médiatique qui a aidé) et qu'il était d'accord avec les assos' que le loup était revenu naturellement. J'ai ajouté que cet homme voulait peut-être les voix des éleveurs et qu'il semblait peu informer, en plus une telle réintroduction ne passe pas inaperçu... Enfin j'ai dit que je ne voterais pas pour lui (c'est de l'humour, pas de débat politique, marchi) _________________
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|  | | Lysisca Louve Shamanka


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 | Sujet: Re: Loup et Pastoralisme Jeu 16 Nov 2006, 13:57 | |
| Il doit avoir des ancêtres seigneurs (ou saigneurs?) au Moyen Age ce type... _________________ Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts
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