Atricle très intéressant qui fait la synthèse sur les problèmes qui existent entres loups et éleveurs, et surtout qui explique pourquoi les éleveurs sont devenus si aggressifs envers les loups (pour raisons économiques évidemment). Cependant, je trouve que sur certains passages, cet atricle est à prendre avec prudence car il reste rédigé par des militants pro-loups assez radicaux (même s'ils n'ont pas tout à fait tord)
02 mai 2006
L' engrenage des éleveurs, le cycle de la mort
Les éleveurs anti-prédateurs nous entraine dans un engrenage de la violence, un cycle de la mort et une montagne de non droit.
Avec un nom bien explicite, le journal "Le Jura agricole" est un habitué de la défense des milieux ruraux (comprendre les chasseurs) et de l'agriculture. Dans son édition du 28 avril, il commente les débats de l'Assemblée de la Fédération Nationale Ovine à Beaune les 19 et 20 avril.
Fédération nationale Ovine
Les vrais problèmes du pastoralisme
Premier sujet qui fâche : le vif désaccord à l'encontre de la politique menée par le ministère de l'Agriculture, particulièrement au sujet du calcul des DPU et de l'avenir à donner aux contrats territoriaux d'exploitation (CTE). Christophe Malvezin, représentant du ministre de l'Agriculture a pu évaluer le mécontentement des éleveurs ovins face à la politique du ministre, Dominique Bussereau. Sifflets et autres coups de gueule ont émaillé son discours.
Le mode de calcul des Droits à paiement unique (DPU) était basé à l'origine sur les références historiques 2000-2002 des éleveurs, mais ils incluent désormais les années 2003 et 2004 si les cheptels ont augmenté de plus de 20 % par rapport aux références de 2002, avec un troupeau de cent brebis minimum au départ et une augmentation de plus de cinquante brebis.
Cependant, certaines exploitations ont connu des progressions d'effectifs durant l'année 2005 et en 2006, notamment dans des zones encore assez peu moutonnières : plus de 5 % entre 2004 et 2005 en Lorraine, et presque autant en Normandie, Champagne-Ardenne et dans le Nord-Pas-de-Calais.
Ces progressions d'effectifs, attribuées pour une grande part à la charte de relance de la production ovine, ne sont pas retenues dans le calcul des DPU, ce que les éleveurs demandent. Inquiets, ils jugent leur revenu fragile. Les négociations OMC en cours pourraient aboutir à un abaissement des droits de douane de l'UE. Le ministère a quand même tenté de calmer les esprits en annonçant la suppression du critère des 20 %.
La gestion des territoires
Ensuite, vient la baisse des crédits alloués au second pilier de la PAC relatif au développement rural. " Avec la réduction de l'enveloppe PHAE pour les zones à handicap naturel, qui va s'occuper de la gestion des territoires et des paysages ? ", s'est interrogé un éleveur.
De plus, les éleveurs signataires d'un CTE qui expire en 2006 ne pourront contracter qu'une PHAE en remplacement et non plus avoir le choix, comme l'avait assuré le ministère l'année dernière, entre cette dernière ou un contrat d'agriculture durable (CAD). Or, dans certains cas de figure, juge Bernard Martin, « le CAD convient mieux, et d'autant plus quand l'éleveur ne répond pas aux critères de la PHAE ».
Jusque là, les éleveurs se comprennent. Les autres eux, sont largués depuis longtemps face à un système de financement bien loin de la loi du marché et basé sur de multiples aides complexes. CTE, PHAE, CAD., va comprendre Charles. Le revenu des éleveurs n'a plus rien à voir avec leur activité !
Le tour des boucs émissaires
Il était évident, vu l'actualité, que les vraies raisons des difficultés des éleveurs devaient vite être cachées par celles, beaucoup plus médiatiques, liées aux "bestes sauvages" et autres "fauves estrangers".
C'est ainsi que, malgré les multiples explications, et preuves scientifiques, il fut toujours question de "La réintroduction en France des loups". Que les loups soient revenus d'Italie, pas question! C'est bien plus rassurant de diaboliser les défenseurs qui deviennent des importateurs. Le loup devient ainsi un assisté illégal, un sans papier, un immigré hors la loi.
Le ministère a eu beau rappeler que sa priorité était «la protection des éleveurs» pour soutenir le secteur, une nouvelle salve de sifflets a couvert les propos ministériels, comme d'habitude. La FNO a demandé que le Gouvernement ne cède pas face à certains écologistes et prône une régulation de la population des loups.
Ours "dangereux, inadaptés et hors la loi"
Malgré le fait que contrairement à la chasse, la présence de l'ours ne soit responsable d'aucune victime humaine, que les ours réintroduits et 1996 et 1997 se soient reproduits, que tous les procès pour arrèter cette réintroduction se soient soldés par des échecs, la Fédération Nationale Ovine refuse catégoriquement d'accepter la présence d'animaux qu'elle juge « dangereux, inadaptés et hors la loi ». Elle souligne en effet que cette opération ne respecte pas la réglementation en vigueur qui veut que les bêtes soient autochtones. Aussi vont-ils porter plainte contre les Pouvoirs publics.
Quelqu'un peut-il m'en dire plus sur cette réglementation sortie de leur chapeau ? Une plainte de plus qui n'a aucune chance d'aboutir, faute d'arguments crédibles.
La panique devant la tremblante du mouton
L'élevage ovin a sa vache folle : la tremblante du mouton. La détection en France de deux cas de tremblante en mars dernier achève de nourrir la peur des éleveurs. Echaudés par les crises successives de l'élevage bovin puis plus récemment de la grippe aviaire qui a entrainé de fortes chutes des ventes de tous ce qui porte plumes, les éleveurs ovins n'ont aucune envie de voir arriver la même crise sanitaire pour eux et en même temps, la peur des consommateurs et la chute inévitable du marché des ovins. Désireux de limiter les conséquences d'une future crise éventuelle, la FNO s'étonne que les Pouvoirs publics traitent le dossier comme un problème de santé humaine plutôt qu'animale.
La Fédération Nationale ovine a peur que la crise, limitée à la France, n'entraine des mesures de rétorsion franco-françaises et permette aux autres pays sains de s'introduire durablement sur le marché. La FNO demande alors que l'Union Européenne s'empare de la question car des règles non communautaires n'aboutissent à aucune réciprocité de la part des autres pays de la communauté , selon elle, et le risque serait de subir une situation de distorsion de concurrence.
Appels au meurtre
Au vu des risques actuels, les pertes minimes causées par les prédateurs ours et loups sont bien l'arbre qui cache la forêt... en plein écobuage. Le milieu du pastoralisme crie au feu et allume la mèche.
Refuser les mesures de protection proposées par le gouvernement est bien une démarche suicidaire, un engrenage vers la violence qui va couper encore un peu plus le milieu paysan de sa base de consommateurs avide de qualité et de naturel. Que la prise de conscience est lente quand les éleveurs sont aveuglés par des politiciens qui crient avec les loups.
Que vienne une crise de tremblante du mouton et/ou le meurtre "accidentel" d'une ourse relâchée par exemple et les éleveurs se retrouveront coupés du monde, de la réalité et du reste de la France.
Du miel et du verre cassé pour les ourses
Il n'est pas question de meurtre me direz vous ! Un randonneur vient de trouve un pot remplit de morceaux de verres et de miel non loin du site de lâcher de l'ourse Franska ! Leur intention est claire, tuer les ourses relâchés. Ils se sentent intouchables :
* soutenus par des élus en écharpes lors du saccage d'Arbas
* soutenus par un Augustin Bonrepaux couché au milieu de la route lors du lâcher de Palouma et prévoyant de futures violences lors de chaque rassemblement des anti-ours,
* soutenus par un Jean Lassalle prêt à s'arrêter de respirer dès qu'il aura repris du poil de la bête.
* soutenus par la peine symbolique de 800 euros donnée au berger tueur de loup qui "l'avait pris pour un chien".
* soutenus par l'absence de jugement du tueur de Cannelle.
* soutenus par la presse, avide de faits divers et pour qui la perte d'une brebis fait la une des journaux télévisés. Lacube est devenu une star médiatique. Présenté comme un éleveur, il est présent sur tous les fronts, bien loin de son troupeau.
Une volonté de fer ?
Nelly Olin a réaffirmé son intention de mener à bien son plan de réintroduction. Elle ferait bien aussi de réaffirmer ses intentions de défendre les animaux protégés réintroduits, de poursuivre les personnes qui s'attaquent aux espèces protégées, de faire respecter les lois, car pour les éleveurs, les montagnes ont furieusement tendance à devenir des zones de non droit où tout est bon pour "éliminer les fauves" et "faire la montagne propre" avec le plus grand mépris pour les lois et règlementations françaises ou internationales.
Les éleveurs nous précipitent tout droit vers des drames et des catastrophes. Les allumeurs de feux comme Lassalle, Bonrepaux et Lacube porteront alors une responsabilité écrasante. Il ne restera plus que le boycott des produits du pastoralisme ou des actes violents des défenseurs des prédateurs contre les bergeries pour que le pastoralisme se soit jeté au fond du trou et d'une crise profonde et ... durable.
_________________
Prend le loup pour frère car il connait l'ordre des forêts

L'esprit suit-il une trajectoire chaotique déterministe ?