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 Article du Guardian sur le végétalisme

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senhal
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MessageSujet: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 05 Nov 2008, 11:06

Mon intention n'est pas de faire du prosélytisme concernant ces régimes alimentaires (végétarisme, végétalisme), bien que j'ai été végétarienne et que j'y retourne doucement, mais j'ai trouvé cet article intéressant, dans la mesure où, pour une fois, ce n'est pas la souffrance animale qui est mise en avant, mais un humanisme et une certaine conscience écologique, qui me touchent personnellement beaucoup plus.

Pour rappel :
Végétarien : dont le régime alimentaire ne comporte pas de viande, ni de poisson
Végétalien : dont le régime alimentaire ne comporte aucun dérivé animal (pas de lait, oeufs...)
Végan : végétalien qui n'utilise (vêtements, objets...) pas d'objets d'origine animale ou testés sur les animaux



Article écrit par George Monbiot et publié dans le Journal « The Guardian », le mardi 24 décembre 2002

Traduction par Jill

La famine peut uniquement être évitée si les riches renoncent à la viande, aux poissons et aux produits laitiers :
Les Chrétiens ont volé le solstice d’hiver aux païens, et le capitalisme l’a volé aux Chrétiens. Mais une particularité n’a pas changé : la consommation gigantesque de viande lors de la célébration des Fêtes. Ce rituel avait un sens. Le bétail était abattu à l’automne avant que l’herbe ne disparaisse. À la fin de l’année, tandis qu’elle commençait à se gâter, la viande était consommée en grandes quantités par des gens qui devaient aussi stocker beaucoup de graisses pour survivre pendant les trois mois suivants. Aujourd’hui, c’est l’inverse : nous passons les trois mois suivants à essayer de se débarrasser de cette graisse. Nos excès saisonniers seraient parfaitement tolérables, si nous ne faisions pas la même chose toutes les deux semaines. Mais, à cause du pouvoir d’achat disproportionné des pays riches, beaucoup d’entre nous peuvent maintenant festoyer tous les jours. Cela pourrait être acceptable, si les ressources mondiales n’étaient pas limitées.

En comparaison les animaux que nous mangeons le plus, les dindes sont des convertisseurs relativement efficaces : pour chaque kilo de grain mangé, les dindes produisent environ trois fois autant de viande que le bétail. Mais il y a beaucoup de raisons de ne pas les apprécier. La plupart des dindes sont élevées dans l’obscurité et elles sont si entassées que c’est à peine si elles peuvent bouger. La pointe de leurs becs est taillée avec un couteau chauffé à blanc pour les empêcher de s’entretuer. Juste avant Noël, elles deviennent si lourdes que leurs hanches se déboîtent. Quand vous voyez l’intérieur d’un élevage en batterie, vous commencez à avoir de sérieux doutes sur la civilisation européenne.

C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens recommencent à manger de la viande rouge à Noël. Les bœufs de boucherie semblent être des animaux plus heureux. Mais l’amélioration du bien-être animal est compensée par la détérioration du bien-être humain. Le monde produit assez d’alimentation pour les humains et leurs bétails, quoique environ 800 millions soient sous-alimentés (en grande partie parce qu’ils sont très pauvres). Cependant, étant donné l’accroissement de la population, la famine mondiale ne sera évitée que si les riches réduisent leur consommation en viande. Depuis 1950, le nombre d’animaux de ferme dans le monde a été multiplié par cinq : les animaux de ferme sont maintenant trois fois plus nombreux que les humains. Le bétail consomme déjà la moitié des céréales mondiales et continue à s’accroître de manière presque exponentielle.

C’est pourquoi la biotechnologie - dont les promoteurs prétendent qu’elle alimentera le monde - est en fait utilisée pour produire non pas de la nourriture mais du fourrage : elle permet aux fermiers de cesser de produire des céréales pour la consommation humaine et d’opter pour la production d’une agriculture plus lucrative pour alimenter des animaux. D’ici 10 ans, le monde n’aura plus qu’un choix possible : soit les champs continuent à alimenter les animaux, soit ils continuent à alimenter les hommes. Ils ne pourront plus faire les deux.

La crise menaçante sera accélérée par l’épuisement des engrais phosphates et de l’eau, utilisés pour faire pousser les cultures. Selon une étude conduite par les agronomes David Pimental et Robert Goodland, pour produire chaque kilogramme de bœuf que nous consommons, il faut environ 100.000 litres d’eau. Les sources aquifères commencent à se tarir, en grande partie à cause de leur utilisation par les fermiers.

En réponse à cette situation, ceux qui ont commencé à comprendre les limites de production mondiale des céréales sont devenus végétariens. Mais les végétariens, qui continuent à consommer du lait et des œufs, réduisent à peine leur impact sur l’écosystème. La production d’œufs et de lait est généralement plus efficace que la production de viande. Même si chaque personne, qui mange de la viande de bœuf aujourd’hui, le remplaçait par du fromage ; cela ne retarderait nullement la famine mondiale. Et, comme le bétail laitier et la volaille sont souvent alimentés avec du guano de poisson (ce qui signifie que personne ne peut prétendre manger du fromage et non du poisson), il pourrait même l’accélérer. Le changement serait également accompagné par une détérioration massive du bien-être animal : à l’exception possible des poulets produits en élevage intensif et des porcs, les poulets de batterie et les vaches laitières sont les animaux de ferme qui souffriraient le plus.

Nous pourrions manger des faisans, dont beaucoup sont jetés dans les décharges après avoir étés chassés et dont le prix, à cette période de l’année, tombe à environ 3 euros l’oiseau. Mais, la plupart des gens n’apprécieraient pas de subventionner la soif de sang des "pseudos aristos". La solution des faisans d’élevage, qui sont aussi alimentés avec du grain, ne serait viable que si l’offre répond à la demande. Nous pouvons manger du poisson, mais seulement si nous voulons contribuer à l’effondrement des écosystèmes maritimes et - comme la flotte européenne est en train de piller les mers de l’Afrique de l’Ouest - précisément là où la famine est la plus sévère au monde. Il est impossible d’éviter l’unique solution durable et socialement juste - que les habitants des pays riches deviennent presque végétaliens, comme la majorité des autres habitants de la planète, et qu’ils ne mangent plus de viande que pour des occasions spéciales comme à Noël.

En tant que consommateur de viande, j’ai toujours trouvé plus facile de classer le végétalisme comme une réponse à la souffrance des animaux ou à un engouement hygiéniste. Mais aujourd’hui, après avoir regardé la réalité en face, il me semble évident que le végétalisme est la seule réponse morale à ce qui est probablement la question de justice sociale la plus urgente sur cette planète. Plus nous nous empiffrons, plus le Tiers-Monde crève de faim.

http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=12

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mar 11 Nov 2008, 14:59

J'avoue que le prosélytisme des végétarien qui veulent absolument m'imposer leurs idées au nom de la souffrance animale m'a toujours fait bondir. J'adore le gout de la viande, et je ne vois pas en quoi c'est moins cruel de manger du lapin que de manger du maïs: après tout, les plantes sont aussi des êtres vivants (si on va au bout de la logique).

Ceci dit, je trouve ce point de vue particulièrement sensé et intéressant. La population mondiale continue de croître et il n'y a aucune raison pour que ça s'arrête. En revanche, pratiquement toutes les terres cultivables sont déjà exploitées. On ne pourra pas en exploiter beaucoup plus si on veut vraiment préserver un équilibre au niveau de la biosphère: les savanes, les steppes et les forêts ont un rôle essentiel dont nous ne pouvons pas nous passer. Que nous reste-t-il pour nourrir la population humaine? On n'a plus assez de place sur terre et les produits de la mer sont déjà surexploités.
C'est vrai que manger de la viande ne fusse qu'une seule fois par jour au lieu de deux changerai déjà beaucoup les choses. Une autre solution consiste évidemment à ne pas gaspiller de la nourriture sous prétexte qu'elle n'est plus fraîche du jour ou qu'elle doit être réchauffée et que c'est moins bon.

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 18:22

Quoi, j'aurai même plus le droit aux oeufs et aux pâtes ? Snif pleure6 !

Imaginons que tout le monde ou presque cesse déjà de manger de la viande rouge (je pense surtout à nos chers steaks... )... ça devrait déjà faire une certaine différence... non pense ?

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senhal
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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 18:37

Selrak a écrit:
Quoi, j'aurai même plus le droit aux oeufs et aux pâtes ? Snif pleure6 !

Imaginons que tout le monde ou presque cesse déjà de manger de la viande rouge (je pense surtout à nos chers steaks... )... ça devrait déjà faire une certaine différence... non pense ?

Oui, de ce côté, l'article est peut-être un peu extrémiste. Je crois que j'ai déjà dû le dire sur VDN, mais les médecins et nutritionnistes admettent, de manière à peu près générale, que de la viande trois fois par semaine, ça va, plus, c'est mauvais (avec alimentation équilibrée bien sûr).

Mais je pense que beaucoup de gens n'ont pas l'habitude de préparer des repas sans viande, psychologiquement, ils auront l'impression qu'il manque un truc dans le repas, parce qu'on leur a appris depuis toujours qu'il fallait dans son assiette viande et légume et/ou féculent.

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 18:45

Je confirme, contrairement à ma mère qui soutient qu'on ne mange pas tant de viande que cela par semaine, j'ai l'impression (c'est fragile comme argument, j'en conviens, je ferais mieux de compter !) qu'on s'en enfile quand même pas mal : jambon, lardons (plus droit à mon omelette maison, non plus ? Flûte), steaks, paupiettes...

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 20:12

...
J'aime pas cet article, et je dois avouer que j'ai un peu la flemme de chercher entre les lignes pourquoi. Pas vraiment parce que ça demande la diminution de consommation de viande : j'atteins pas les 3 repas de viande rouge par semaine, loin de là. Mais dans la manière de tourner les choses peut être, ou comme tu l'as dit, Senhal, dans l'extremisme de l'article.

En tout cas, le fond est plutôt vrai : biologiquement parlant, la consommation de matière animale est bien plus coûteuse que celle de matière végétale. C'est pour ça que les carnivores sont généralement moins nombreux que les herbivores, qui sont censés être moins nombreux que les végétaux...

De là à demander l'arrêt de consommation de matière animale, c'est de l'utopisme. Dans les mêmes délires, pourquoine ne pas demander la régulation des naissances dans tous les pays ?

La population mondiale croît.

La surface terrestre ne croît pas beaucoup.

Je ne crois pas du tout que la population mondiale continuera indéfiniment de croître... même le père noël est plus crédible que cette théorie.

Un jour ça se cassera la figure... beaucoup ou pas beaucoup, ça fera mal à certains, pas du tout à d'autres peut être, mais même en gérant de façon aussi utopiste les denrées alimentaires mondiale, la population ne peut continuer de croître ainsi très très longtemps.
Je crois ça, alors je mange mon steak.

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 22:14

Evidemment, la population mondiale ne peut pas continuer à croitre et je pense qu'elle a atteinte sa vitesse de croissance maximum (à moins que ce ne soit déjà passé): on consomme trop de ressources pour continuer à ce rythme. Mais ce n'est pas parce que ça va se réguler naturellement qu'il ne faut rien faire non plus. Ceci dit, c'est vrai que la position du rédacteur de l'article est un peu extrême. Manger de la viande une seule fois par jour, je pense que ce serait déjà pas mal.

Senhal, pour ce qui est des repas sans viande, je crois que c'est aussi une question de facilité: préparer un repas végétarien demande généralement plus de temps qu'un repas mixte (genre poulet-frites, jambon-purée, pâtes-bolo, etc.) parce que la viande, ça bourre le ventre. Faire de la bonne cuisine végétarienne, c'est souvent un peu plus compliqué, ce n'est pas simplement les même plats avec la viande en moins.

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MessageSujet: Re: Article du Guardian sur le végétalisme   Mer 12 Nov 2008, 22:46

Bouarf non ça ne prend pas tellement de temps que ça et ce que tu cites, mangé tous les jours, c'est tout de même assez malsain, d'ailleurs c'est ce que les gosses bouffent à la cantoche... cercueil

Moi je pourrais pas, franchement, même sans parler de végétarisme.

Mais on parle des gens en général et les habitudes sont ancrées c'est sûr.

La viande, ça ne "bourre" pas vraiment, si tu veux un truc consistant, il faut plutôt miser sur les céréales (blé et ses dérivés, polenta, riz), légumineuses (lentilles, haricots, pois cassés humm...), qui sont à la base des assiettes végé.

D'ailleurs, un bon conseil pour quelqu'un qui ne peut presque plus se payer à manger et ne veut pas avoir trop de carences plus ou moins graves, ce n'est pas de manger des pâtes mais de se faire des mixes riz/lentilles, graine de coucous/pois chiches (bref céréale/légumineuse) et de compléter quand il en a la possibilité par des légumes.

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